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Cap sur Saint-Malo… puis la Guadeloupe !

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Well, well… Il s’en est passé des choses depuis le Sri Lanka !

Convoyage du bateau par la mer Rouge puis la Méditerranée, qualification de Cadix à Lorient, puis un chantier express de dix jours (histoire de se délester d’une demi-tonne et de décorer Majan aux couleurs d’Oman Air). Petit sprint vers Cowes et sa Semaine nautique, qualification de Loïk Gallon, skipper remplaçant pour la Route du Rhum, réception de notre nouveau jeu de voiles en carbone, séance photo en hélico et départ pour le cap Lizard, ligne de départ de la tentative de record du Tour des îles Britanniques.

A ce stade, on commence déjà à s’essouffler à l’énumération de ce qui a été accompli.

Le «Tour des îles UK», c’était avant tout un entraînement, la recherche d’un maximum de contraintes. J’ai été comblé ! Et heureux de rapporter un record à toute l’équipe d’Oman Sail qui se démenait sur le bateau depuis deux mois.

Puis un petit passage à La Trinité pour «Happy Baie», nouveau festival autour de la musique et la voile, l’occasion de jouer notre rôle d’ambassadeur d’Oman.

Oman Air/Majan est toujours basé à Lorient, les derniers détails de sa préparation sont en cours de finition, menés avec détermination par l’expérimenté Loïk Gallon.

Ah oui ! J’oubliai presque le petit aller-retour à Oman pour rencontrer les élèves de plusieurs écoles et la presse des pays du Golfe.

La dernière case à cocher est celle d’une ultime session au large de quatre jours ou plus…. La dépression se formant sur l’Atlantique Nord risque malheureusement de contredire ce programme jusqu’ici parfait… Cette dépression qui vient est sans doute la porte qui se referme sur l’été. Flexibilité et fermeté du programme vont devoir cohabiter maintenant sur ce projet.

Comme vous avez pu le comprendre, ma concentration s’est orientée sur mon objectif Rhum, et je n’ai plus la disponibilité – de temps et d’esprit – qui me permette de poursuivre ce blog. Vous pourrez suivre les nouvelles sur le site de Voiles et Voiliers.

Pour ma part, je vous salue et vous remercie d’avoir suivi les quelques récits de mes aventures – et vous souhaite, à vous aussi, de magnifiques moments sur l’eau !
Sidney

Sri Lanka, Inde et Maldives… en passant

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Avant-hier, à bord de Majan, nous tirions des bords le long des plages Sud du Sri Lanka.
Soleil couchant sur des terres inconnues.

Hier, nous faisions cap sur le Kerala, à l’Ouest du cap Comorin, pointe Sud de l’Inde. Une flopée de petites embarcations se rendant sur leur lieux de pêche sont venus vers nous, comme une course à celui qui croiserait notre étrave en premier.

Il faut dire que nous étions vraiment près des côtes. Avant que le soleil ne disparaisse totalement, nous pouvions même voir les temples et les minarets se détacher distinctement du reste des bâtiments de la ville.

Là-bas, les religions semblent faire bon ménage, indouisme, islam et catholicisme se partagent avec d’autres religions ou croyances les parts de la spiritualité. Les fêtes de chaque religion sont fêtées et prises en compte par le reste de la communauté – un bel exemple pour le reste du monde…

Puis le soir, encore en fin de journée, nous contournions Minicoy, l’île située la plus au Nord des Maldives, typique avec son atoll et ses cocotiers… La nuit tombante, nous tournions le dos aux lumières de l’île.

Je ne sais pas si c’est une chance ou un malheur de passer si près de ces terres aux cultures si riches et intenses sans même s’y arrêter ?

Finalement, ça ne fait qu’aiguiser notre appétit de découvertes, notre envie de parcourir le monde. Envie que l’on n’attise pas forcement en suivant les journaux télévisés. Ce passage près des côtes m’a poussé à jouer de la souris sur l’écran de navigation pour parcourir les pays de cette région que l’on connaît peu…

Tant de choses à voir ou découvrir, il ne faut pas traîner !

Sumatra dans la brume

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Petit matin, la brume noie le paysage, lui donnant une vrai touche d’estampe japonaise. Nous contournons doucement la pointe Nord de Sumatra, marquant ainsi une nouvelle étape dans notre retour vers Oman.

Après être entrés en Indonésie par la pointe Sud de Sumatra, nous en sortons par le Nord pour entrer dans le golfe de Bengale… Tout se fait en douceur, Majan glisse sur l’eau plate grâce à une petite brise qui peine à dépasser les 8 nœuds. C’est également la limite que nous présentent les fichiers météo pour la semaine à venir – pas d’excès en perspective ! La case «Entraînement dans le petit temps» est bel et bien cochée, nous sommes prêt pour d’autres conditions. Mais, en bons marins, nous savons qu’on ne décide de rien, on ne fait que disposer de ce qu’Eole nous offre…

Par le biais des emails, nous suivons la progression des Figaro sur l’Ag2r, et notamment celle de Saveol avec Sam (Davies) et Romain (Attanasio). Le rythme est plus soutenu de leur côté et, même de si loin, la régate est belle à suivre…

Nous avons aussi reçu les nouvelles de la première régate de Farr 30 avec la participation du bateau d’Oman Sail, Renaissance. Ils ont terminé 3e et 2e aux deux premières manches, et sont troisièmes au général provisoire. C’est génial pour les Omanais, dont certains en sont à leur première vraie confrontation sur l’eau. C’est un sentiment sympa de s’enthousiasmer pour un bateau de l’équipe et de se sentir solidaire. Vivement que les Extreme 40 courent leurs premières régates, eux aussi !

A bord, le rythme est calme, si ce n’est l’effervescence due à la naissance de la petite fille de Moshin hier matin. J’ai un peu mal pour lui, d’être sur le bateau plutôt qu’auprès d’elles, mais c’est son choix…

Depuis le bord, nous organisons le petit chantier qui aura lieu à notre arrivée à Muscat, histoire de faire une grosse vérification après ce tour de l’océan Indien. Ce n’est pas rien comme périple ! Puis le bateau partira par la mer, escorté par un bâtiment de la Marine omanaise, afin de passer sans encombre au large du Yémen et de la Somalie et de rejoindre la Méditerranée par Suez. Je pense à tous ces noms : Sumatra, Bengal, Yémen, Suez, Sri Lanka… Ça fait rêver !

Encalminé entre Singapour et Oman

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«Y a pas grand vent dans les voiles !» C’est le moins qu’on puisse dire. Depuis près d’une semaine, nous n’avons pas excédé les 9 nœuds de moyenne lors de nos meilleures journées. Je dois bien avouer que depuis mon arrivée sur Majan, c’est la première fois que les journées ne sont pas très excitantes. Jusqu’ici, chaque jour était l’occasion d’apprendre quelque chose, d’optimiser certains détails ou de préparer des modifications pour les deux petits chantiers par lesquels le bateau va passer d’ici à la Route du Rhum. Des journées enthousiasmantes, riches et qui passaient sans que l’on s’en rende compte…

Depuis quelques jours, l’horizon est notre seul paysage, plus de côtes et petits pêcheurs, le vent varie entre 2 et 7 nœuds, pas de manœuvre et les fichiers de prévisions n’annoncent pas de changements radicaux. Alors, c’est vrai, les jours sont un peu plus longs et les heures de bannette en pleine journée plus lourdes de chaleur.

Mais c’est comme ça, il faut prendre notre mal en patience, on ne maîtrise pas tout lorsque l’on est marin !

Pendant ce temps, nos camarades d’Oman Sail du Tour de France à la voile ont brillé au Grand Prix de Pornichet, où ils ont fini sur le deuxième marche du podium juste derrière Bertrand Pacé, sur Nouvelle-Calédonie et devant certains des prétendants à la victoire pour le TFV 2010 ! C’est une super nouvelle pour notre équipe ! A bord, Mohamed est tout excité pour son ami d’enfance qui fait partie de l’équipage. Chouette de voir son enthousiasme… Allez, nous auront plus de vent demain !

Pétole en mer de Chine !

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Mer de Chine, pas câline… Plus de vent du tout. Cela ne fait rien, c’est même très bien pour une meilleur compréhension de Majan. Le petit temps est sans aucun doute le point faible de ce maxi-trimaran, et son ratio poids/puissance ne le situe pas parmi les multis les plus nerveux. Il est donc important de tirer le meilleur du bateau dans ces conditions.

Malgré tout, ce premier Arabian 100 est très parlant, on sent assez rapidement quand il est proche de son optimum ou si l’on doit faire de meilleurs réglages.

Petit à petit, avec Paul, le skipper,nous commençons à aborder le chapitre «Transformation du bateau pour le Rhum». Sur le papier, nous ne changeons presque rien, mais dans la réalité, il y a tout de même une vraie liste de petits riens ! L’idée principale est de faire des changements rapides et significatifs. Nul besoin de pinailler sur des bouts de chandelles au détriment du temps passer sur l’eau à naviguer.

A bord, je pousse Mohammed et Moshin à aller davantage de l’avant, à ne pas hésiter à faire des réglages eux-mêmes, à venir à la table à cartes pour se situer et avoir leur propre estimation sur la prochaine action à mener. J’essai aussi de leur insuffler le rythme «course», même si nous sommes seuls, sans adversaire, sur ce parcours de reconnaissance de la future Five Capes Race ; c’est de toute façon plus stimulant et plus fun ! D’un naturel discret et gentil, au bon sens du terme, tous deux ont tendance à ne pas vouloir déranger ou à rester en retrait. Je les pousse à oser.

La mer de Chine est plutôt distrayante, les croisements de cargos, les îles et les petites embarcations de pêche rythment notre quotidien. Et, à l’approche de l’équateur, les journées passent très vite…

En mer de Java !

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Nous voilà en mer de Java ! Au lever du soleil, nous avons embouqué le détroit de la Sonde, entre Java et Sumatra, à 25 nœuds sous un nuage. Puis, sous code 0, nous avons louvoyé entre les deux côtes volcaniques, entourés par des petites barques de pêche à balancier… Belle impression que celle de pénétrer un nouveau monde. On imagine le sentiment des véritables découvreurs !

Sur Majan, nous slalomons maintenant entre les plates-formes pétrolières, propulsés par les 3 nœuds de vent qu’il nous reste…

Nous nous sommes vraiment régalés lors de cette entrée en Indonésie, avec beaucoup de chance tout de même en ce qui concerne les conditions. Les 5 nœuds de courant nous auraient paru beaucoup moins amusants s’ils avaient été contre nous avec une totale absence de vent, comme maintenant.

Allez, je vais essayer de trouver le sommeil dans cette fournaise.

Bientôt les Tropiques !

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Cinquième nuit sur Majan. L’air est chaud est humide, nul doute que nous nous rapprochons des tropiques, des zones à forte humidité et peu de vent… La période faste va bientôt toucher à sa fin. La nuit dernière, l’estrope tenant le gennaker a cédé et nous avons récupéré la voile dans l’eau, sans dommage. Tout est prêt pour être réinstallé en tête de mât, mais nous avons décidé de remettre ça à demain dans les petits airs. Pour l’instant, nous progressons toujours à bonne allure, sous grand-voile et foc.

Cet incident de parcours est une très bonne chose dans l’optique de la Route du Rhum. Ce n’est qu’en effectuant de nombreuses heures et jours d’affilée que l’on met réellement le matériel à l’épreuve et que l’on peut véritablement travailler la fiabilité.

Yann Régnault est à la barre de notre maxi-trimaran. Il me raconte sa jeunesse à Vannes à l’époque des Royale, William Saurin, Riguidel, Gahinet, Pajot, une époque qui nous tous a tant inspiré. Yann traînait sur les chantiers et s’est retrouvé préparateur d’un catamaran participant au Rhum. Sa récompense fut le droit de ramener le multi de 12 mètres, de Newport à La Trinité – il avait 16 ans…

Aujourd’hui, Yann traîne toujours sur le même terrain de Vannes mais, depuis, la voilerie North s’y est installée et il y a son bureau !

Nos amis omanais, Mohammed et Moshin, retrouvent leur élément, la chaleur. Nous formons un super équipage, chacun échangeant ses impressions et ses expériences. Les choses avancent vite et bien. Mais côté météo, pour moi, c’est l’inverse : je me réveille en sueur et ensuqué !

Quel plaisir tout de même d’avaler les milles sur ce gros oiseau…

A Fremantle, prêt à repartir pour Singapour

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Minuit à Fremantle, Western Australia, la bande originale du film «Into the Wild» dans les oreilles.

La journée touche à sa fin… Longue journée ! Bonne journée ! De retour d’une semaine à la maison – pendant laquelle je suis passé à la rédaction de Voiles et Voiliers pour une longue interview que vous lirez bientôt –, je récupère du décalage horaire à grands coups de journées bien pleines.

Première navigation à bord de Majan depuis notre arrivée en Australie. L’équipe technique et une partie de l’équipage n’ont pas chômé pendant mon absence ! Les réparations et améliorations listées lors de l’étape ont été réalisées. Majan repartira vers Singapour encore un peu plus optimisé qu’à son départ de Capetown. Je me réjouis de cette démarche «de chantier continu», je ne pouvais espérer meilleure préparation en vue du Rhum.

Au menu aujourd’hui : trois rotations de deux heures chacune avec quelques journalistes et autres VIP Australiens – mais surtout : réglages de tension des lattes de grand-voile, du guindant de gennaker, tension des haubans, ajustements du système de prise de ris, vérification des nouvelles marques sur les bouts, du nouveau lazy-bag… Tout un tas de détails qui, mis bout à bout, font la différence entre un bateau «prêt» et un autre !

Demain, on remet ça avant de respirer une journée et de régler les derniers détails, puis, vendredi 9 avril, il sera temps de larguer les amarres pour Singapour. 2 500 milles vers le Nord, passage entre Java et Sumatra, principalement dans un vent modéré à variable, voire absent. Sûrement une belle étape, et une belle aventure !

A vos marques !

Arrivé à Fremantle… ou presque !

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La ligne d’arrivée de cette étape entre Cape Town (Afrique du Sud) et Fremantle (Australie) est le passage d’Ouest en Est de la longitude 115°08, et du Nord au Sud, d’une latitude comprise entre le cap Leeuvin et le 45° Sud. A bord de Majan, nous avons franchi cette ligne ce matin à 4h10min48s UTC, après 11 jours 18 heures 48 secondes de mer pour couvrir la distance entre les deux caps, Agulhas et Leeuwin. Nous sommes cependant encore à près d’une journée de navigation de Fremantle.

«Bizarre» vous avez dit «bizarre» ? Oui, en effet, nous allons devoir attendre un peu avant de déguster les premières bières traditionnelles à toutes arrivées…

En fait, il existe un record officiel entre le cap Agulhas en Afrique du Sud et le cap Leeuwin en Australie, c’est celui du record de la traversée de l’océan Indien. Les organisateurs de l’Indian Ocean 5 Capes Race ont donc voulu placer la ligne de départ et d’arrivée de cette étape en fonction de ce record.

C’est donc là que le bât blesse un peu ! Le vent étant toujours plus fort dans le Sud, les routages nous poussent tout naturellement à venir couper la ligne dans sa partie la plus Sud, et donc à plus de 24 heures des tambours et des trompettes !

L’idée de faire une étape de course sur un parcours de record n’est donc pas mauvaise, mais peut réserver quelques surprises !

Quoi qu’il en soit, nous avons maintenant le droit d’utiliser le moteur pour traverser cette dorsale anticyclonique, zone sans vent, on ne va pas s’en plaindre !

Lors de cette rencontre avec le maxi-trimaran Majan, j’ai pu sentir toutes ses capacités et ses qualités. Le rapport de confiance est établi. C’est une belle histoire en perspective.

A propos de belle histoire, un immense bravo à Groupama et à son équipage pour ce magnifique Jules Verne que nous avons suivi à bord !

Cette fois, je suis à bord d’un ogre !

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Belle journée. Entre 30 et 40 nœuds de vent avec quelques petits passages du soleil à travers les nuages. Il fait bon et les milles défilent. Je pensais avoir navigué sur des machines mangeuses de milles sur la Volvo Ocean Race, cette fois je suis sur un ogre ! Majan est impressionnant d’aisance dans la grosse mer, je tire mon chapeau à Nigel Irens et Benoît Cabaret, ses architectes. A 25 nœuds de vitesse, on peut se faire un thé tranquillement ou taper au clavier sans trop de problème.

Chaque jour, j’apprends un peu plus les bruits de Majan. Certains sont normaux, d’autres sont des alarmes. Cet après-midi, un grincement provenant de l’arrière du bateau m’a alerté : le safran central était légèrement remonté. Je suis très satisfait de ce genre de petites anecdotes, elles montrent un échange, une écoute qui s’établit avec le bateau. Cette navigation est vraiment primordiale pour la préparation au Rhum.

A bord, les journées passent vite, rythmées par les quarts de quatre heures. Je partage le mien avec Mohsin, qui avait fait un tour du monde sur Mussandam, le trimaran de 75 pieds. C’est un héros à Oman : il a été le premier circumnavigateur omanais. Il est difficile d’être plus calme que lui…

Au changement de quart, nous croisons Paul Standbridge, vétéran de la Whitbread et skipper de Majan en équipage. Au-dessus de 50 nœuds de vent, le sourire ne quitte pas son visage. Puis durant les deux autres heures, nous partageons le pont avec Thierry Douillard un Français qui sait tout faire en voile. Embarqué depuis Oman, Thierry rejoindra Peter Gilmour pour le circuit de match-racing après Fremantle. Il se régale de l’aisance du trimaran dans la mer, lui qui avait fait un tour du monde sur un catamaran de 100 pieds avec Loïck Peyron.

En bref, nous passons du bon temps, productif et agréable à la fois !