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Monthly Archives: novembre 2008

Violents, ardents, poétiques… morceaux choisis

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28° Sud, 67° Est. Telle est la position d’Il Mostro à l’heure où je vous écris ce message lors de notre remontée vers Cochin, Inde, dans cette deuxième étape de la Volvo Océan Race. Sur le pont, avant de descendre à la table à cartes pour reprendre ce blog, quelque peu délaissé, je me demandais ce que je pourrais bien raconter à vous, lecteurs et internautes de Voiles & Voiliers.

Je me suis dit que quelques «morceaux choisis» parmi ces deux premières étapes pourraient vous donner une bonne idée de ce que nous vivons sur nos engins de course…

Depuis quelques heures, nous observons les nuages pour réagir aux surventes que ceux-ci engendrent. Le vent oscille entre 25 et 35 nœuds et nous passons d’un ris à grand-voile haute en fonction des pressions. Devant, nous portons notre petit gennaker. Comme le vent, Il Mostro file entre 25 et 35 nœuds, assez vite donc… Mais la situation est sous contrôle même si elle est également éprouvante pour l’équipage soumis aux assauts de l’eau sur le pont. En une minute à peine deux nuages se rejoignent et forment alors une barre dans notre travers arrière. «Salty» (Rob Salthouse) s’exclame alors : «Quelque chose arrive !» Je me retourne et aperçois l’eau arrachée de la surface de l’eau. Nous n’avons que quelques secondes pour rouler le gennaker. La grand-voile est toujours haute. Lors du roulé de la voile d’avant, l’électronique nous indique jusqu’a 48 nœuds. A la barre, «Battler», qui vient de nous rejoindre pour cette étape, n’en mène pas large, mais garde le bateau à plat et sur ses rails. De nuit, cette brutale survente aurait pu nous coûter une voile – ou le mât…


Des heures et des jours et des semaines et des mois. Tenir, courir… © Rick Deppe / Puma / VOR.

Toujours dans cette deuxième étape…
Nous montons sur le pont pour relever Chris Nicholson et Justin Ferris. La nuit est noire, pas de lune et Puma fonce aux alentours de 25-30 nœuds. Sorti de mon duvet vingt minutes auparavant, je dois me réveiller rapidement, car il n’y a pas de sas de transition. Justin fonce à 120 degrés du vent et ne semble pas décidé à lever le pied pour me transmettre la barre. «OK, me dis-je, il faut s’y mettre». Le niveau d’adrénaline est assez élevé, je ne peux pas le cacher. Une fois à la barre, il n’est pas question de lever le pied non plus, il faut conserver la cadence ou même remettre du charbon. Quelques enfournements annoncent la suite mais, de toute façon, je ne distingue pas les vagues et il n’y a pas toujours de porte de sortie en fin de surf…

Lancé à près de 30 nœuds, Il Mostro accélère encore sur cette pente de plus en plus aiguë. Cette fois, c’est sûr, l’issue ne sera pas bonne ! En bas de la pente, le bateau s’enfonce de toute son énergie dans ce mur d’eau. La masse et la force de cette dernière sont considérables… La vague avale littéralement le bateau pour ne le recracher que quelques secondes plus tard. Pendant ce temps infini, mes pieds sont arrachés par le torrent liquide et je flotte avec autant d’eau en dessous et au-dessus de moi. Heureusement, ayant senti le coup venir, je me cramponne d’une main à la barre et de l’autre à l’arceau de sécurité autour du poste de barre. La déferlante passée, je me remets sur pieds, Il Mostro est resté sur ses rails… Ouf !

A l’intérieur, le coup de frein a engendré quelques glissades non contrôlées, plusieurs équipiers se sont retrouvés dans la bannette suivante, c’est pour cela que l’on dort toujours avec les pieds vers l’avant  – pour ne pas se casser le cou !

Mais la Volvo, ce n’est pas que ce genre de moments. C’est aussi, en approche de Cape Town, ce groupe de baleines surfant la houle… Un mélange de puissance et de poésie ressort de cette scène au petit matin. Pour cela, oui nous vivons des moments privilégiés !

Voilà, je n’oublie pas que nous sommes en course et trois bateaux nous précédent sur la route de l’Inde. Les moments de repos font partie d’un travail bien fait, alors je vous salue bien et vous dis à bientôt.

Bon vent vers vous.

Stress, sorties de route, surfs fous…

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Extraire un instant ou un moment de cette première étape de la Volvo Ocean Race ne m’est pas très difficile… Après deux semaines de navigation au contact avec Ericsson 4, nous savons que celui-ci est maintenant régulièrement plus rapide que nous. A chaque flot de positions, nous essuyons jusqu’à 2 nœuds de déficit. L’addition s’annonce salée, il s’agit de réagir… Trois de mes ex-coéquipiers de la dernière Volvo sont à bord d’Ericsson 4 et je connais leurs qualités, mais ma coupe commence sérieusement à déborder !

Il est temps de monter sur le pont. Ken Read m’annonce la nouvelle perte du dernier pointage. Je prends les dernières consignes de cap, vérifie mon harnais et enfile mon casque. Je suis prêt.


Vous avez dit sauvage ? Brutale, en tout cas, la navigaton sur Puma. Casque de rigueur !
© Rick Deppe / Puma / VOR

Apres avoir détaché Chris Nicholson, je le remplace à la barre. Depuis 24 heures, l’électronique ne nous donne que cap et vitesse, les autres données ne sont pas disponibles. La nuit est noire, pas d’étoile comme point de repère, pas d’horizon. Nous perdons sur Ericsson 4 depuis que les conditions sont devenues musclées. A bord de Puma, le poids de la sortie de route est de plus en plus pesant et les conditions exercent une pression sans précédent sur les barreurs.

Cap idéal : 125. Je ne suis pas prêt à y renoncer même si l’angle est serré et induit une vitesse violente. Je ne vois le speedo que par intermittence, masqué par les paquets de mer, mais la vitesse ne descend jamais en dessous de 30 nœuds. Lorsque la coque se lance sur une vague, un énorme sifflement de l’eau nous prévient, comme une alarme, que la chute sera terrible – mais ça, nous le savions ! Je tiens le cap et renonce à abattre pour limiter les accélérations. Les surfs se terminent inévitablement dans le dos d’une vague ; malgré ses formes généreuses, Il Mostro s’enfonce de toutes ses forces dans ce mur d’eau, luttant pour s’en extraire au plus vite. L’attaque est violente, l’eau se rebiffe et nous assaille à son tour. Un instant, je me retrouve à l’horizontale, bras tendus, cramponné à la barre. Parfois les paquets de mer m’arrivent en pleine face et m’enfoncent la visière du casque de pompier sur le visage, écrasé à plusieurs reprises – mon nez commence d’ailleurs à être douloureux. A d’autres moments, l’assaut se concentre sur le ventre, la violence de l’eau me fait l’effet d’un coup de pied dans le bas-ventre.


De la puissance à l’état brut. A bord, rigueur et compétences sont de mise. Sans cela…
© Sally Collison / Puma / VOR

Ma détermination est forte, mais pas sans faille… Pour la première fois dans mon parcours de marin, ce mélange d’appréhension et d’attention inhérent à la course se teinte de peur. Le duel entre les éléments et l’énergie cinétique de cette «bête» de carbone est féroce et je me sens soudain petit. Pourtant, je suis acteur dans ce combat : il ne tient qu’à moi de lever le pied. Au cœur de cette bagarre, mon esprit trouve le moyen de vagabonder et me voici allongé quelque part, serrant mes filles et ma femme contre moi. Très vite, je me rappelle à l’ordre – je ne peux m’autoriser ce genre d’écart, l’instant se vit et se gère ici et maintenant. C’est ici que je dois être. Si je ne m’étais pas recadré moi-même, le paquet de mer suivant s’en serait chargé. Une fois de plus, mes pieds se font balayer de l’estrade qui nous sert de rehausseur, une main seulement sur la barre, les genoux à terre. Il faut se relever et remettre du charbon sans trop réfléchir.

Oui, c’est sans doute ce que j’ai vécu de plus brutal jusque-là. Mes propos peuvent paraître étranges : la force du vent n’avoisine que les 30-35 nœuds. Mais la puissance des bateaux engendre de telles vitesses que l’eau devient proportionnellement solide et chaque impact de plus en plus violent. Physiquement et nerveusement fatigué, je ne parviens à maintenir le curseur en permanence au-dessus de 30 nœuds que pendant un petit quart d’heure, et au-dessus de 27 pendant une heure, avant que le vent ne retombe sous les 30 nœuds… Je suis rincé, mais il me reste trois heures sur le pont. Heureusement, le niveau de stress est maintenant plus vivable !

Ah oui, j’allais oublier ! Au pointage suivant, nous reprenons enfin trois milles à Ericsson 4

La route est longue pour rejoindre Cape Town !

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18h33 – La route est longue pour rejoindre Le Cap. Psychologiquement, la voile n’est pas un sport facile, on est parfois contraint de parcourir de nombreux milles supplémentaires par rapport à la route directe pour se rendre d’un point a un autre, et le chemin n’en finit pas de se rallonger !

Mais c’est aussi cette difficulté qui rend l’aspect psychologique autant aussi dans le jeu, il faut tenir et ne rien lâcher, jour après jour. Les milles perdus ou gagnés sont autant de signes de force ou de faiblesse que l’on adresse aux adversaires. Après plus de deux semaines de course, nous sommes toujours au contact avec Ericsson 4, mais nous ne sommes pas près de lâcher et visiblement eux non plus… Il faut persister, maintenir le rythme, la pression, la cadence jusqu’à ce que les conditions changent et que l’un des deux prenne l’ascendant sur l’autre. J’ai partagé la dernière Volvo Ocean Race avec une partie de l’équipage d’Ericsson 4 et je sais que nous pensons les uns aux autres avec beaucoup de respect … mais dès que l’occasion se présentera c’est avec une grande fermeté que je ferai tout mon possible pour les distancer.

D’ici Cape Town, les choses vont s’accélérer et l’ambiance ne va plus être la même, plusieurs journées très rapides et musclées s’annoncent à nous. Il ne faudra rien casser et profiter au mieux des qualités d’Il Mostro.

Encore dans du petit temps, nous nous «formatons» déjà pour ces journées d’adrénaline. La lutte est belle et nous y prenons plaisir.

Jour… ? Je sais plus vraiment où nous en sommes !

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07h03 – Les quarts s’enchaînent et les journées passent. Une fois encore, nous avons eu la compagnie d’Ericsson 4. Au saut de ma bannette, je ne sais pas s’ils sont toujours en vue ou si Nico et Justin sont parvenus à les semer.

La barbe pousse et la chaleur pèse sur les organismes. Les quarts de repos de milieu de journée sont douloureux, le soleil frappe de plein fouet, la coque noire d’Il Mostro et les ventilateurs ne suffisent plus à «étouffer» la chaleur. On ressort bouffi et luisant de la bannette. Pas très reposé, mais bien cuit !

Les choses fonctionnent bien à bord, nous connaissons maintenant les points forts et les faiblesses de chacun et nous nous organisons autour afin de tirer le meilleur de ce groupe de dix marins. Nous ne sommes pas toujours en tête, mais une bonne ambiance accompagnée d’une pincée de confiance permet de faire défiler les jours rapidement.

L’équateur s’approche maintenant à grands pas, Neptune doit nous rendre visite… On ne rigole pas avec ce genre de tradition, notre bonne étoile en dépend !

Allez, il est temps que je réveille Salty pour aller relayer les autres sur le pont.

J’étais un poisson volant… un poisson planant

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19h17 – Cinquième nuit sur Il Mostro dans cette première étape de la Volvo Ocean Race.

J’étais un poisson volant… un poisson planant. Passant d’un monde à l’autre. Dans mon monde, tout est calme, seuls quelques prédateurs créent la panique dans nos rangs, mais nous leur échappons d’un coup de nageoires, d’un coup d’aile. Et hop !

Dans mon monde, tout n’est pas bleu pour autant, sacs plastiques, conteneurs et autres nappes de pétrole nous rappellent le monde «de l’haut-dessus» !

Pourtant, ce monde m’amuse – ses lumières, le vol, cette liberté différente de voler.

Certains de mes cousins partagent deux mondes aussi, mais pas celui des airs, celui de la terre. Ils se plaisent dans la vase à regarder les habitants de la terre remonter les courants sur leurs pirogues, ou les oiseaux cherchant leurs proies.

Je parle, je parle, mais je n’ai qu’une seule envie, celle de voler. J’y vais, je m’élance, coup de rein et je m’arrache à l’eau. Je vole à toute allure, pas le temps de flâner, j’y vais à fond. Puis je retombe en un grand «splash», juste le temps de m’hydrater puis d’y retourner. Un coup de rein, encore, plus fort et je reprends mon envol…

Des lumières, rouges, vertes, m’attirent. Cap sur cet engin bizarre… Mais quel est-il ? Il Mostro !

Atterrissage violent dans la barbe grisonnante d’un vieux Kiwi – Rob Salthouse –, puis rebond non contrôlé sur l’un des énormes winches. La messe est dite, mes secondes sont comptées…

Une énorme main s’approche de moi. Je m’apprête à passer ma dernière seconde de vie, broyé par un jeune Allemand sans scrupule… quand Michi Muller saisit ma jambe : «Sid’, 20 minutes avant ton quart, réveille-toi !»

Cadences infernales

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13h21 – Cinquième nuit en cette première étape, le jour se lève… La cadence est intense, autour des 20 nœuds constants, quelques enfournements, mais Il Mostro est sain. Pourtant, les efforts sont impressionnants et le matériel est mis à rude épreuve. Sur le pont, on n’est jamais totalement serein, on pense en permanence à ce qui pourrait casser… Pour nous aussi, cette cadence commence à peser. Salty et moi partageons le quart ; depuis trois jours, nous changeons de bord environ toutes les six heures, soit précisément durant notre quart de repos. Changer de bord implique de déplacer une tonne et demie de voiles sur le pont et une autre tonne et demie de sacs à l’intérieur du bateau. Le quart sur le pont s’occupe des voiles, tandis que nous devons nous extraire des bannettes et nous attaquer à la rude tache du transbordement des sacs. Evidemment, tout cela se fait dans un espace restreint (à quatre pattes), par sac de 30 à 50 kilos et en un temps record puisque nous sommes ensuite attendus sur le pont pour tourner les manivelles !


Mousse glacée, embruns blancs, torrent neigeux… L’eau s’invite souvent à bord d’un VO 70 !
© Rick Deppe / Puma / VOR.

Le réveil est donc brutal et douloureux et le sauna garanti. Nous ne sommes donc pas très frais, mais heureux de mener Il Mostro en tête de la flotte.

Pendant cette phase de transbordement, notre ami Ricky Deppe, le «media man», nous regarde après avoir déplacé les quelques gobelets et autres cuillères de la cuisine. Il n’y est pour rien, mais la situation est tout de même un peu grotesque. Selon le règlement de la course, il n’est là que pour la communication – photos, vidéos – et quelques analyses de l’eau pour un programme scientifique. Il n’a pas le droit de nous aider, tandis que nous suons et nous échinons avec nos sacs. Même en le sachant, je ne cache pas que j’ai pourtant parfois envie de lui voler dans les plumes pour qu’il décroise ses bras et participe à notre peine ! Mais c’est le règlement…

Voilà, m’sieurs-dames, ce n’est pas toujours la fête, ici, mais ça ne nous empêche pas d’apprécier ces nuits limpides, sans un nuage, irradiées par une pleine lune souriante.

Un début d’étape musclé

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19h31 – Deuxième jour dans cette Volvo Ocean Race. Sortis de la Méditerranée sans trop d’encombre, nous avons tout de même rencontré un véritable éventail de ce qui nous attend autour du monde : moyenne à près de 25 nœuds après le départ et les paquets de mer qui vont avec, situation tactico-stratégique pour rejoindre Gibraltar, des leaders qui prennent une spectaculaire avance laissant envisager une étape presque déjà jouée entre les deux Ericsson, puis un regroupement de la flotte lors de la deuxième nuit… Ouf, on a eu chaud ! Ah, j’oubliais l’inévitable escale technique de Telefonica pour terminer le tableau.
 


Chaud… mais humide, ce début de course ! © Sally Collison / Puma / VOR.

En bref, nous en avons bavé pour ce début d’étape !

Aujourd’hui, les conditions se stabilisent un peu, nous sommes cinq bateaux à vue… Oui, il semble bien que cette course s’annonce serrée !

Notre premier largage d’amarres s’est déroulé avec émotions et intensité. On a beau ne pas en être au premier tour du monde en course, les gorges sont serrées et les larmes ne sont pas retenues. Le folklore et la mise en scène qui entourent ces départs se rajoutent à l’aspect «dramatique» que vivent les familles.

Quoi qu’il en soit, les amarres ont bel et bien été larguées et l’équipage de Puma est dans le rythme, fatigué, mais heureux…

Veille de départ : ça chauffe !

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10h57 – Veille de départ, pluie dans les paddocks, vent fort, la tension monte !

Une bonne tension chez Puma, de l’électricité dans l’air, certes, mais une tension positive. Quelques petites escarmouches (pour diverses raisons) au sein de l’équipe, mais rien de véritablement important, juste ce qu’il faut pour secouer les cocotiers et se mettre dans la tension de la course, histoire de réveiller son attention…

Alicante-Le Cap, une étape presque classique. Dix premières heures musclées nous attendent, puis probablement les calmes de la Méditerranée pour rejoindre Gibraltar.

Je n’ai donné que très peu de nouvelles durant cette préparation, pris par le rythme intense. Aussi parce que je dois avouer ne pas être de ceux qui affectionnent particulièrement les mois de mise au point, à terre…

Demain, le départ sera donné et j’espère me «reconnecter» avec l’inspiration que j’avais pu vivre lors de la Barcelona Race, sur le 60 pieds de Jérémie Beyou, Delta Dore.


A quelques heures du départ, dernières accolades avec nos futurs concurrents – ici des équipiers de Green Dragon. On se souhaite bonne chance. Sincèrement. © Dave Kneale / VOR.

Aujourd’hui, je me sens serein, le départ pour ces trois semaines de mer ne m’inquiète pas outre mesure. Il nous faudra faire du bon boulot, de la constance – et avoir de la chance. La réussite ne peut s’en passer. Conscient des divers aléas que nous pouvons rencontrer, je ne fais pas de pari sur la victoire, mais je sais que nous avons toutes nos chances.

A bientôt depuis Il Mostro

Préambule : en convoyage à plus de 20 nœuds

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20h57 – Vénus, la Grande Ourse et bien d’autres constellations… Cette nuit, la nature nous a souri. «Howsome !» Salty n’en revient pas, il prend tant de plaisir à la barre : «Etant enfant, je rêvai de moments de navigation comme celui-là !» Il Mostro – le Monstre en italien, nom de baptême de notre Puma – ne descend plus en dessous de 20 nœuds depuis déjà quatre heures dans des conditions pourtant tranquilles. Les gars se régalent. La Volvo Ocean Race promet des records. En convoyage vers la ville de départ, Alicante, Espagne, nous chevauchons devant une dépression depuis plusieurs jours, suffisamment vite pour qu’elle ne nous rattrape pas et profiter du vent qu’elle génère. L’atmosphère est aux sourires, le bateau glisse sans heurts à grande vitesse et droit vers Gibraltar…

Jusqu’ici, les nuits avaient été noires, sans lune ni étoile – parfait entraînement pour barrer en aveugle, ne disposant que des instruments électroniques comme repères.


A la barre de nuit. © Rick Deppe / Puma / VOR.

Nous ne saurons qu’après le départ de la course si notre plan Bottin-Carceek est rapide ou non, les spéculations vont bon train… Mais une chose est sûre, Il Mostro se comporte de façon très saine et procure du plaisir à l’équipage. Se sont habituellement de bons signes… L’avenir nous le dira ! Maintenant, Michi est à la barre ; sourire aux lèvres, notre jeune Allemand se régale. Allez, je vous laisse, ma bannette me réclame !