18h33 – La route est longue pour rejoindre Le Cap. Psychologiquement, la voile n’est pas un sport facile, on est parfois contraint de parcourir de nombreux milles supplémentaires par rapport à la route directe pour se rendre d’un point a un autre, et le chemin n’en finit pas de se rallonger !

Mais c’est aussi cette difficulté qui rend l’aspect psychologique autant aussi dans le jeu, il faut tenir et ne rien lâcher, jour après jour. Les milles perdus ou gagnés sont autant de signes de force ou de faiblesse que l’on adresse aux adversaires. Après plus de deux semaines de course, nous sommes toujours au contact avec Ericsson 4, mais nous ne sommes pas près de lâcher et visiblement eux non plus… Il faut persister, maintenir le rythme, la pression, la cadence jusqu’à ce que les conditions changent et que l’un des deux prenne l’ascendant sur l’autre. J’ai partagé la dernière Volvo Ocean Race avec une partie de l’équipage d’Ericsson 4 et je sais que nous pensons les uns aux autres avec beaucoup de respect … mais dès que l’occasion se présentera c’est avec une grande fermeté que je ferai tout mon possible pour les distancer.

D’ici Cape Town, les choses vont s’accélérer et l’ambiance ne va plus être la même, plusieurs journées très rapides et musclées s’annoncent à nous. Il ne faudra rien casser et profiter au mieux des qualités d’Il Mostro.

Encore dans du petit temps, nous nous «formatons» déjà pour ces journées d’adrénaline. La lutte est belle et nous y prenons plaisir.