Je ne sais pas comment ça se passe chez vous, mais ici, ça penche un peu ! Entre 20 et 30 degrés, terrain très bosselé en supplément.

Les déplacements dans le bateau sont difficiles et acrobatiques. Se rendre aux toilettes, situées dans la partie avant du bateau, est une aventure – et lorsqu’on les a atteints, on s’aperçoit que ce n’est que le début de l’aventure…
Taper sur le clavier, anglo-saxon qui plus est, tient aussi d’un exercice d’adresse, heureusement ce que vous lisez a été corrigé – j’espère !

Petit moment amusant ce matin : en fin de quart, je transmets la barre a Justin Ferris, puis me dirige sous le vent, me disant que je pourrais peut-être apercevoir Telefonica Black. Auparavant, au lever du jour, nous pouvions distinguer Ericsson 3 à notre vent – et avoir la satisfaction d’aller plus vite qu’eux. M’attendant à chercher les Espagnols vers l’horizon, j’éclate de rire en les voyant une centaine de mètres seulement sous notre foc ! A quelques minutes prêt, nous aurions pu les entendre avant de les voir !


Une vue générale de cette troisième étape de la Volvo Ocean Race. Un parcours certes inédit et excitant, mais aussi plutôt éprouvant ! Tele Blue mène le bal, devant E4, E3… et nous.

 

Tout cela est bien chouette, mais c’est aussi symptomatique de notre étape. A chaque fois que nous sommes au contact d’autres bateaux, nous gagnons les duels – mais, à chaque fois que nous avons tirons nos bords tout seuls, nous nous débrouillons mal…

En tout cas, ce matin, le moral revient à bord avec notre retour sur ces deux bateaux, Tele Black et E3, car les dernières 24 heures ont été assez pénibles. Sous les nuages, nous avons viré à chaque bascule de vent… et chaque virement demande de déplacer trois tonnes de voiles et de matériel dans les conditions décrites plus haut !

Le clou du spectacle a été quand, en pleine nuit, nous sommes sortis de la bannette au son de : «Tacking !» («On vire !»). Nous nous chargeons de transférer les sacs et le matériel d’un bord à l’autre à l’intérieur de Puma, pendant que les gars sur le pont s’occupent de matosser les voiles. Cinq minutes plus tard, tout est transféré ; en sueur, je m’apprête à monter sur le pont pour participer au virement lorsque j’entends : «Stand by !» («On attend !»). Qui se transforme quelques minutes plus tard en : «Désolé, les gars, on ne vire plus…» Ce qui signifie qu’il faut donc remonter au vent les fameuses trois tonnes que nous venons de nous trimballer !
Ah ! Ce n’est pas toujours rigolo, la vie de marin…