Détroit de Malacca. Quel régal ! Ici, en plein cœur du Détroit, «c’est du grand n’importe quoi !» Du courant à gogo, des cargos à ne pas en pas croire ses yeux, des myriades de petits bateaux de pêche, des remorqueurs et leurs barges en travers de la route… Le peu de vent existant se trouve à la côte, au ras de la côte. Je dois avouer que je me régale, il faut régler en permanence, changer de cap pour suivre les rotations incessantes du vent. Ericsson 4 avait 30 milles d’avance en rentrant dans le Détroit, ils sont maintenant avec nous, E3 et Telefonica Blue. La tentation est toujours grande de profiter des petites risées du large pour dépasser l’adversaire, mais, à chaque fois, quand la messe est presque dite, le vent rentre de terre à nouveau – et tout est à refaire.
 

Couloir étroit, trafic maritime insensé, vent capricieux, courants contraires… Le détroit de Malacca est un régal pour les fins tacticiens – et les nerfs solides !

Nous venons de… remonter l’ancre. Eh oui, dans le courant contraire, sans vent, nous avons dû mouiller pendant une dizaine de minutes avec E4 pendant que les deux autres profitaient de quelques restes de brise mourante, et repartaient vers le large… Peut-être est-ce enfin l’opportunité pour nous de «prendre la terre» ?

Encore 130 milles avant l’arrivée… Il est temps, car les peaux commencent à souffrir de la chaleur, de l’humidité et du manque d’hygiène. Les marins ne sentent pas bon et ça commence à gratter !

Le temps d’écrire ce petit mot et j’entends l’équipage qui s’apprête à remouiller l’ancre… Non, on n’est pas encore au vent de la bouée !

Allez, à bientôt, on va quand même finir par arriver !