Petit retour sur cette troisième étape, de Cochin à Singapour.

La première partie, qui nous a amenés jusqu’à la pointe Nord-Ouest de Sumatra restera dans ma mémoire comme une semaine fastidieuse : nous étions coincés sous une chape de nuages, nous semblons systématiquement virer d’un refus vers un autre, avec la désagréable sensation de ne pas progresser et de dépenser une énergie incroyable pour un piteux résultat.

La deuxième partie, en revanche, s’est révélée comme la phase la plus prenante et la plus palpitante depuis le début de la course. Le détroit de Malacca et son étroitesse ont concentré la flotte dans un espace restreint, le tout pimenté par des vents faibles, voire nuls, et des courant souvent contraires…

Pendant plus de 48 heures, nous sommes quatre bateaux à la bagarre pour la première place, sans négliger l’éventuel retour de deux ou trois poursuivants supplémentaires.

Que ce soit ici à l’approche de l’Inde, ou entre Cochin et Singapour, les fortes chaleurs et les petits airs ne sont pas les conditions les plus faciles à encaisser en régate, surtout à onze dans un réduit de carbone ! © Rick Deppe / Puma Ocean Racing

Pour finir dans cette régate digne d’une arrivée de Tour de France à la voile, les quatre premiers franchissent la ligne en vingt minutes – dont trois en cinq minutes seulement !

Nous ne nous en sortons pas si mal avec une nouvelle deuxiéme place à l’arrivée à Singapour, juste derrière Telefonica Blue, mais le système de points et de portes nous laisse à égalité avec Ericsson 4, qui finit quatrième… Bon, tous ces calculs sont un peu compliqués, mais on verra ça plus tard. Ce qui importe, c’est le résultat final…

A l’arrivée à Singapour, nous organisons un débriefing express, puis la plupart des équipiers s’envolent vers leurs familles respectives pour les fêtes de fin d’année.

Ici, le contraste avec l’Inde est «estourbissant». Les centres commerciaux foisonnent, l’horizon est toujours masqué par un building ou un gratte-ciel et les grues poussent mieux que les arbres – et les cargos semblent se développer aussi bien que les algues à Cochin !

Un peu de confort et de civilisation ne fait tout de même pas de mal lorsque l’on pose son sac après des journées de mer exigeantes et tendues…
Passez de bonnes fêtes !