Après quelques jours sans nouvelles – et pour cause…
Nous sommes aujourd’hui à l’Est de Taïwan après avoir traversé le désormais célèbre détroit de Lusan, entre la pointe Nord des Philippines et la pointe Sud de Taïwan. Quelle aventure !


Mieux qu’un long discours, les traces des sept bateaux alors encore en course le long des côtes philippines, dont le demi-tour de Telefonica Black avant son abandon.

En tête à l’entrée du Détroit, nous avons tenté notre chance, sachant que le demi-tour pouvait être une possibilité. Ce que nous ne savions pas, c’est que nous aurions à le faire suite à la rupture de la bôme. Nous naviguions sous trois ris et tourmentin, face à des vagues très grosses, levées par un fort courant contre le vent. Deux ou trois heures seulement après nous être engagés dans le Détroit, nous devions faire demi-tour tandis que le vent soufflait déjà à 40 nœuds. Seul Telefonica Blue est parvenu à traverser, le reste de la flotte a fait demi-tour pour trouver un abri sous le vent des Philippines, suite à des casses – ou au choix judicieux de marins avisés.


Une image inhabituelle : un Volvo 70 au mouillage en pleine étape. A bord de Puma, nous imaginons un système de palans pour remplacer notre bôme cassée. Et, pendant ce temps, Telefonica Black, Green Dragon et Delta Lloyd ont aussi mouillé sous le vent de l’île…
© Rick Deppe, Puma, Volvo Ocean Race
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Au mouillage, nous avons pris le temps de ranger le bateau et avant d’imaginer un système de palans afin de pouvoir naviguer sans bôme. Après un bon repos d’une nuit entière, nous sommes repartis derrière les deux Ericsson qui avaient eux aussi repris la route un peu plus tôt.

Malgré notre arrêt, les conditions de mer étaient encore incroyablement difficiles, obligeant de ralentir Puma avec la quille sous le vent pour ne pas dépasser les 8 nœuds, mais la mer «casse-bateau» l’a emporté et suite à quelques sauts de vague, deux renforts longitudinaux ont fini par céder. Il a fallu une vingtaine d’heures à trois équipiers pour venir à bout des réparations.

A l’heure qu’il est – au milieu de la nuit –, nous sommes revenus devant E4 grâce à une rotation de vent permettant de naviguer au largue, tandis que les premiers étaient au près. La course n’est donc pas encore finie et, pour cette raison, il est temps que j’aille dormir avant qu’il ne soit déjà l’heure de remonter sur le pont !


Ericsson 3 (orange) faisant demi-tour vers Taïwan, après apparition de fêlures sur la liaison coque-quille, il ne reste que cinq concurrents en course jusqu’à Qingdao.

Petit conseil aux plaisanciers avant d’aller rejoindre Morphée : ne venez pas naviguer par ici, c’est l’un des endroits les plus difficiles à naviguer…