Deux jours après le départ de Qingdao. Houaw ! Quel début d’étape ! Je suis crevé, cuit, trempé comme un rat d’égout ! Deux repas en 48 heures et deux petits déjeuners, c’est tout ce que j’ai pu avaler depuis le départ. Je ne m’en sors pas mal : Cassey, mon coéquipier de quart, est malade et, entre ses vomissements, il n’a pu ni boire, ni manger…

Justin s’est fait emporter par une vague et a atterri sur le dos contre le montant de la barre. Genoux et dos en vrac. Je me suis aussi fait prendre, comme un bleu, par une vague qui m’a attaqué à hauteur d’épaule, je me suis retrouvé sur mes fesses avec un morceau de la barre entre les mains ! Nous avons maintenant échangé la bâbord contre la tribord (heureusement, nous sommes censés rester longtemps sur le même bord), et nous devrions avoir le temps de réparer. Ah oui, j’oubliais, l’axe de drosse de barre s’est désolidarisé du cadran ; du coup, nous avons dû affaler notre voile d’avant et prendre les trois ris.


Froid, venté, houleux, une barre cassée : très rude, le début de l’étape-marathon de la Volvo Race ! © Rick Deppe/Puma Racing Team.

En bref, cela nous a fait deux journées bien chargées à bord de Puma, avec beaucoup de manœuvres, beaucoup de froid et beaucoup d’eau – notre sport n’est pas toujours fun…

Quoi qu’il en soit, il faut garder la gniac, car la route est longue : 12 300 milles jusqu’à Rio, un tiers de la planète – en tout cas de la distance totale de la Volvo Race ! Cape, notre navigateur, a mis en place une petite formule dans son tableau Excel pour transposer la distance restante en nombre de Sydney-Hobart : plus que 18,7 !

Allez, je vais vous laisser pour rejoindre mon duvet. Je vais y rentrer mouillé pour en ressortir humide et me glisser dans un cire trempé. Humm, ça fait envie !