Cinq semaines et un jour, nous sommes maintenant à la hauteur de Montevideo, en Uruguay. Je me rappelle ma première Whitbread sur La Poste, il y a bien longtemps maintenant, un autre temps ! Cela dit, les liens créés à cette epoque restent forts avec de nombreux équipiers. Je ne suis pas certain de garder le même genre de liens après cette course… Mais là n’est pas l’essentiel – où est-il d’ailleurs ? Gagner, apprendre, vivre sa passion tout simplement, vivre des instants rares et uniques… La question est ouverte !

La chance nous a souri ces derniers temps, nous avons été les seuls à conserver quelques nœuds de vent de plus que les autres et une direction bien plus favorable. Nous revenons à portée de fusil d’Ericsson 4, la sortie de ce centre anticyclonique sera primordiale… Il reste encore du chemin et l’arrivée à Rio est toujours délicate, les orages brouillent les cartes et les nuits sont difficiles, de grosses pertes peuvent y être enregistrées.


Les positions au 23 mars 2009. © Volvo Ocean Race.

A bord, nous avons de moins en moins à manger et sommes très proches de la fin de la dernière bouteille de gaz. Celui-ci est essentiel, car le lyophilise se réhydrate très mal à l’eau froide. Mais nous ne sommes en manque ni d’eau ni de gasoil, donc tout va bien.

Nous avons retiré les bottes aujourd’hui, ce n’est pas du luxe. Un vrai plaisir de laisser les orteils à l’air après ces cinq semaines !

A part ça, le bilan «vie marine» de cette étape est bien maigre, très peu de dauphins, deux globicéphales au passage des Fidji, un petit geyser de baleine ce matin et pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent ! Etonnant – inquiétant peut-être ?

Voilà les nouvelles d’Il Mostro, les prochaines seront probablement en provenance de Rio. Samba, samba !