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Monthly Archives: avril 2009

Une arrivée dans un mouchoir !

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Aïe, Aïe, Aïe, on dirait une arrivée de Figaro ! Telefonica Blue, plus de 100 milles d’avance voici trois jours, est bord à bord avec nous. Dans la nuit et le brouillard, nous avons pu nous glisser sous son vent, sous A0 tandis qu’ils naviguaient probablement sous génois. Mais, depuis, nous nous sommes fait reprendre la troisième place à la faveur d’un virement trop tardif. Nous naviguons maintenant dans 5 nœuds de vent tandis qu’Ericsson 4 bénéficie d’une brise de 16 nœuds, une trentaine de milles devant nous. La bataille fait rage ! La fatigue joue sur les nerfs fragiles de quelques-uns d’entre nous. Ah, la pression…

Je dois dire que c’est assez sympathique de se bagarrer aussi près de la ligne d’arrivée, le suspense est une bonne chose.

A terre, nous sommes attendus avec tambours et trompettes, ce serait bien d’enlever la troisième place…

La route est longue et courte à la fois, je vais essayer de prendre un peu de repos.

A bientôt depuis Boston !

Boston droit devant !

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Du vent, des vagues, du froid… On approche doucement de Boston, l’ambiance à bord a changeé Plus de shorts et de tee-shirts, nous sommes en bottes et combinaisons étanches ou cirés lourds accompagnés de cagoules et gants !

Nous n’avons pas negocié au mieux le dernier moment-clé, c’est le moins que l’on puisse dire… La hiérarchie se fait respecter, Ericsson 4 a su profiter de ce passage de front. Nous sommes en approche de cette nouvelle zone de protection des baleines qui nous oblige à faire un détour de plus de 200 milles. On les aime bien, ces grosses bestioles, mais là ce serait plutôt avec du citron (comme dirait Bobie Lapointe) !
Nous aurons tout eu sur cette étape, du petit temps, du gros portant, du près fort dans les vagues, un bel éventail de toutes les allures.

A bord, les choses se passent bien malgré cette déception de ne pas être en tête de la course pour l’arrivée dans «notre» port. Mais la course n’est pas fini, il va encore se passer beaucoup de choses – j’espère !

En attendant, il est temps de grimper dans ma banette, les ongles plantés dans le fin matelas pour ne pas voltiger dans les creux !

Encore des longues oreilles à bord – une vraie malédiction !

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Au large des Antilles – très au large. Les alizés sont maintenant impeccables, stables et limpides !

En bref, nous allons assez vite, aux alentours des 20 nœuds depuis trois jours. Beaucoup d’eau sur le pont pour commencer, puis, au fur et à mesure de l’adonnante, la vie sur le pont devient plus clémente. Rien à voir avec l’étape précédente, de toute facon. La bagarre est serrée entre les deux Ericsson et nous, pas plus de trois milles entre la deuxième et quatrième place. Une belle course.

L’histoire des longues oreilles s’est poursuivie lorsque je me suis appercu que nous avions un magazine Playboy à bord. L’animal surgit toutes les deux pages ! Aie, Aie, Aie, que cela nous réserve-t-il ?

Au secours, il y a onze longues oreilles à bord !

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Décidément, j’en aurais vu de toutes les couleurs sur ce tour du monde ! Quelques jours après notre départ de Rio, lors d’un quart de nuit, je vais me servir dans la pochette qui contient mes friandises, et là – ô stupeur, ô frayeur… au secours : je découvre l’impensable ! Kate Read, épouse de notre vénérable skipper, a gentiment garni nos pochettes de douceurs enrobées de papier brillant. Pâques oblige, me voilà avec, en main… un énorme longues oreilles en chocolat ! Et s’il y en a un dans ma pochette, il y en a aussi dans celles des dix autres équipiers ! Onze cousins du lièvre à bord d’Il Mostro ! Si nous rejoignons Boston sans encombres, ma superstition en prendra un sacré coup derrière les… oreilles. En attendant, je prie pour que la malédiction ne nous frappe pas…

Eh oui, différentes nationalités, différentes cultures, différentes superstitions. Celle du «quatre-pattes», visiblement, n’existe pas pour nos amis américains…


Telefonica Blue mène toujours la flotte compacte des V0 70 au large du Brésil. © VOR

En attendant, la régate continue. A moins de 400 milles de l’archipel de Fernando de Noronha, la flotte des sept bateaux s’étale sur 20 milles. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est énorme à remonter, tant les vitesses des bateaux sont proches. Il semblerait que nous ayons trouvé la formule pour la vitesse dans ce petit temps au près, et nous ragagnons du terrain doucement.

Le générateur tourne à plein régime, car il actionne la pompe hydraulique servant à basculer la quille, et nous l’ajustons à chaque petite oscillation du vent. C’est l’un des défauts de la voile moderne : les moteurs sont de plus en plus utilisés !

Le soleil est très fort. Dans la matinée, les flancs au vent de Puma – à la coque noire et rouge – souffrent sous ses rayons, l’intérieur chauffe et le quart de repos ressemble à un quart de sauna. Mais, globalement, la navigation en short et tee-shirt reste un vrai plaisir !

La nuit est tombée et mon quart de sommeil s’annonce agréable…

Petit temps au Nord du Brésil

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Et c’est reparti ! Quatre bateaux à vue après 48 heures de course. Les choses ne se sont pas passées pour le mieux pour nous à la sortie de cette période sans vent. Tout se joue en quelques minutes, lorsque le vent rentre, selon sa direction.

Quoi qu’il en soit, nous sommes de retour dans le match, même si Telefonica Blue dispose d’une bonne avance. Le passage de l’archipel Fernandho da Noronha sera capital pour nous, nous ne devons plus perdre de points sur nos plus proches adversaires. La motivation et la concentration sont vraiment fortes, tout le monde est tourné vers le bon objectif : la performance.

Boston est un peu le port d’attache de Puma, Ken Read est évidemment le local de l’étape, nous nous devons de bien faire.

Nous avons 1 000 milles pour remonter les 18 milles de retard sur les leaders. Ce n’est pas facile, mais pas impossible non plus. Une autre zone sans vent se présente devant nous, il s’agit de ne pas en ressortir les derniers cette fois !

La navigation en short n’est pas désagréable, les nuits sont belles. Nous slalomons entre les plates-formes pétrolières et devont ouvrir l’œil pour d’éventuels pipe-lines ou de petits pêcheurs.

Concentrés, à l’affût du moindre petit gain, nous avançons…

Rio, bravo !

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Rio, veille de départ pour Boston… La samba, c’est déjà fini. Pas beaucoup de temps pour souffler. Après 41 jours de mer depuis Qingdao, nous n’avons pu nous accorder que cinq petits jours de repos avant de retourner au bateau et le réactiver pour la course «inshore» du lendemain.

Un bon travail, notamment de Rob Greenwalsh à la tactique et de Ken Read à la barre, nous a permis de passer la première bouée en tête et de terminer à une belle deuxième place – difficile de  contrôler la flotte dans son ensemble sur un plan d’eau aussi capricieux. Donc d’engranger quelques points – et de consolider notre moral.

Retour vers Boston, «port d’attache» de Puma. Trois équipiers, dont le skipper qui habite à Newport. La boucle sera bouclée pour Il Mostro, un véritable tour du monde avant de finir cette Volvo Ocean Race vers l’Europe et Saint-Pétersbourg. Boston est aussi le siège du marketing de Puma, cette étape doit donc être la nôtre !

Rio-Boston, une étape classique, principalement en tribord amures. De Rio au Gulf Stream, nous devrions naviguer en short et chaussures, perspective plutôt agréable après une étape où nous n’avons quitté les bottes que cinq jours avant l’arrivée.

L’équipe est fatiguée, comme toutes les autres, mais la course continue et il faut pousser l’effort encore plus loin. Heureusement, les étapes vont maintenant en se raccourcissant, devenant plus faciles à digérer. Ericsson 4 va-t-il continuer son parcours sans faute ? A voir. De notre côté, nous n’avons qu’à nous battre avec nous-mêmes pour pousser Il Mostro au maximum de son potentiel. Le retour de deux concurrents, absents de la dernière étape (Telefonica Black et Delta Lloyd) est également une bonne chose. Peut-être pourront-ils s’intercaler entre nous, E4 et Telephonica Blue !

J’espère que cette étape sera un plaisir à suivre pour vous, derrière vos écrans.
Bonne course !