Décidément, j’en aurais vu de toutes les couleurs sur ce tour du monde ! Quelques jours après notre départ de Rio, lors d’un quart de nuit, je vais me servir dans la pochette qui contient mes friandises, et là – ô stupeur, ô frayeur… au secours : je découvre l’impensable ! Kate Read, épouse de notre vénérable skipper, a gentiment garni nos pochettes de douceurs enrobées de papier brillant. Pâques oblige, me voilà avec, en main… un énorme longues oreilles en chocolat ! Et s’il y en a un dans ma pochette, il y en a aussi dans celles des dix autres équipiers ! Onze cousins du lièvre à bord d’Il Mostro ! Si nous rejoignons Boston sans encombres, ma superstition en prendra un sacré coup derrière les… oreilles. En attendant, je prie pour que la malédiction ne nous frappe pas…

Eh oui, différentes nationalités, différentes cultures, différentes superstitions. Celle du «quatre-pattes», visiblement, n’existe pas pour nos amis américains…


Telefonica Blue mène toujours la flotte compacte des V0 70 au large du Brésil. © VOR

En attendant, la régate continue. A moins de 400 milles de l’archipel de Fernando de Noronha, la flotte des sept bateaux s’étale sur 20 milles. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est énorme à remonter, tant les vitesses des bateaux sont proches. Il semblerait que nous ayons trouvé la formule pour la vitesse dans ce petit temps au près, et nous ragagnons du terrain doucement.

Le générateur tourne à plein régime, car il actionne la pompe hydraulique servant à basculer la quille, et nous l’ajustons à chaque petite oscillation du vent. C’est l’un des défauts de la voile moderne : les moteurs sont de plus en plus utilisés !

Le soleil est très fort. Dans la matinée, les flancs au vent de Puma – à la coque noire et rouge – souffrent sous ses rayons, l’intérieur chauffe et le quart de repos ressemble à un quart de sauna. Mais, globalement, la navigation en short et tee-shirt reste un vrai plaisir !

La nuit est tombée et mon quart de sommeil s’annonce agréable…