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Monthly Archives: mai 2009

Sentiments étranges – mais heureux de retrouver mon boulanger…

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Que me réservent les six prochains mois ? A voir mais, d’ores et déjà, il est sûr que je me rappellerai de l’année de mes 40 ans ! Un sacré voyage ! Difficile, parfois douloureux physiquement, mais surtout éprouvant mentalement.

Classe Eco, Air France, je survole la flotte des Volvo 70 qui font route vers Galway. Retour à la maison après un an de baroude. Heureux de poser les valises, de retrouver le boulanger et le petit café du coin de la rue. Sentiment étrange, tout de même…

J’aurais découvert beaucoup.

En voile, il aura fallu apprendre à lever le pied en mer de Chine, dans ces vagues «brise-tout» dues au courant violent, savoir naviguer la quille sous le vent pour perdre en puissance, ou quille mi-basculée quand il s’agissait de ne pas faire du saut de vagues à l’approche du Horn. Ces techniques ne sont pas toujours les premières qui nous viennent à l’esprit lorsqu’on a appris a toujours aller plus vite.

J’aurais aussi découvert la partie Nord des océans Indien et Pacifique, régions que l’on ne pratiquaient jamais dans un parcours traditionnel.

Et puis, j’aurais aussi compris que la franchise accompagnée d’une pincée de naïveté ne sont pas toujours des qualités premières. Compris (mieux vaut tard que jamais) que je n’évoluais pas dans un monde dessiné par Walt Disney. Les différences culturelles constituent une richesse, mais aussi une difficulté lorsqu’elles sont mal encadrées… Ces équipes demandent un leadership fort et net.
Quoi qu’il en soit, et sans entrer d’avantage dans les détails, me voici de retour à la maison. Sentiments mitigés, mais conscient de la chance que j’ai de faire ce métier, «coureur d’Océan», et heureux d’avoir partagé ce tour du monde avec vous.

Retour sur terre, donc, mais cette aventure n’est pas la dernière. Je repartirais, nous repartirons.

Sidney Gavignet

 

Ciel gris sur Rio… © Pauce

Le moment de vérité

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Boston. Jour de pause après un week-end de courses inshore et «Pro-Am».

Que dire ? La vérité ? Oui, je crois que c’est mieux.

La vérité, c’est que nous ne sommes pas dans une bonne passe. Nous finissons l’étape 4e alors que nous pouvions facilement accrocher le podium ; et nous réalisons une très mauvaise course inshore, sur «nos terres»…

Beaucoup de choses se jouent en ce moment. Puma réfléchit à une deuxième participation pendant que l’organisation de la Volvo Ocean Race repense ses règlements de A à Z. Nous approchons de la fin de la course et les esprits commencent à se tourner vers l’avenir. Mais la course n’est pas finie…


C’est sur le travail en équipe que Puma peut – et doit – encore progresser.
© Sally Collison/Puma-VOR

Nous sommes toujours au plein cœur de la bagarre. Seul Ericsson 4 s’est réellement détaché et peut vraiment envisager la suite de la course avec sérénité. De notre côté, nous ne devons pas accepter notre position actuelle, nous devons réagir pour reprendre la deuxième place.

Le bateau est tel qu’il est ; ayant été jaugé, nous ne disposons pas de marge de manœuvre permettant des modifications. Côté voiles, nous avons progressé à chaque étape – et nous continuons. La seule vraie possibilité d’amélioration se situe dans l’efficacité de notre travail en équipe… Et là, oui, nous avons de la marge !

Les bonnes décisions vont-elles être prises avant la fin de la course, avant le départ de la prochaine étape ? Ce sera pour la suite de ce feuilleton fatiguant et passionnant ! Tout arrive à ceux qui savent réagir, agir, se prendre en main…