Que me réservent les six prochains mois ? A voir mais, d’ores et déjà, il est sûr que je me rappellerai de l’année de mes 40 ans ! Un sacré voyage ! Difficile, parfois douloureux physiquement, mais surtout éprouvant mentalement.

Classe Eco, Air France, je survole la flotte des Volvo 70 qui font route vers Galway. Retour à la maison après un an de baroude. Heureux de poser les valises, de retrouver le boulanger et le petit café du coin de la rue. Sentiment étrange, tout de même…

J’aurais découvert beaucoup.

En voile, il aura fallu apprendre à lever le pied en mer de Chine, dans ces vagues «brise-tout» dues au courant violent, savoir naviguer la quille sous le vent pour perdre en puissance, ou quille mi-basculée quand il s’agissait de ne pas faire du saut de vagues à l’approche du Horn. Ces techniques ne sont pas toujours les premières qui nous viennent à l’esprit lorsqu’on a appris a toujours aller plus vite.

J’aurais aussi découvert la partie Nord des océans Indien et Pacifique, régions que l’on ne pratiquaient jamais dans un parcours traditionnel.

Et puis, j’aurais aussi compris que la franchise accompagnée d’une pincée de naïveté ne sont pas toujours des qualités premières. Compris (mieux vaut tard que jamais) que je n’évoluais pas dans un monde dessiné par Walt Disney. Les différences culturelles constituent une richesse, mais aussi une difficulté lorsqu’elles sont mal encadrées… Ces équipes demandent un leadership fort et net.
Quoi qu’il en soit, et sans entrer d’avantage dans les détails, me voici de retour à la maison. Sentiments mitigés, mais conscient de la chance que j’ai de faire ce métier, «coureur d’Océan», et heureux d’avoir partagé ce tour du monde avec vous.

Retour sur terre, donc, mais cette aventure n’est pas la dernière. Je repartirais, nous repartirons.

Sidney Gavignet

 

Ciel gris sur Rio… © Pauce