C’est reparti pour un tour, ça saute dans tous les sens, mais cette fois, nous faisons les milles vers le but. Entre 17 et 20 nœuds de vitesse, Sam est sur le pont et veille au grain (oui, c’est de là que vient l’expression). Ce matin, lors d’une prise de ris, ma copine British avait perdu sa voix. Il y a un peu de fatigue à bord d’Artemis, les travaux de remise en route du bateau de la nuit d’hier nous ont laissé des traces.

Nous faisons la voiture balai et n’en sommes pas fiers, mais c’est un fait : dès le troisième jours, nous avions évolué notre perte sur ceux du Nord à 300 milles minimum. Mais notre choix, de marins, nous l’assumons. Aujourd’hui, l’addition est lourde ; les 20 heures passées sans grand-voile ne nous ont pas aidé non plus par rapport à nos adversaires proches. Une satisfaction tout de même en ce dimanche matin gris, nous sommes toujours en course et ça, c’est essentiel. Alors ici, on ne se tire pas une balle tout de suite, nous continuons de nous bagarrer en ménageant le bateau et les voiles, espérant que des jours meilleurs nous offrent l’opportunité de recoler au paquet.

Voilà, on est dernier, mais il en faut bien un. Et la route est encore longue !