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Monthly Archives: mars 2010

Arrivé à Fremantle… ou presque !

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La ligne d’arrivée de cette étape entre Cape Town (Afrique du Sud) et Fremantle (Australie) est le passage d’Ouest en Est de la longitude 115°08, et du Nord au Sud, d’une latitude comprise entre le cap Leeuvin et le 45° Sud. A bord de Majan, nous avons franchi cette ligne ce matin à 4h10min48s UTC, après 11 jours 18 heures 48 secondes de mer pour couvrir la distance entre les deux caps, Agulhas et Leeuwin. Nous sommes cependant encore à près d’une journée de navigation de Fremantle.

«Bizarre» vous avez dit «bizarre» ? Oui, en effet, nous allons devoir attendre un peu avant de déguster les premières bières traditionnelles à toutes arrivées…

En fait, il existe un record officiel entre le cap Agulhas en Afrique du Sud et le cap Leeuwin en Australie, c’est celui du record de la traversée de l’océan Indien. Les organisateurs de l’Indian Ocean 5 Capes Race ont donc voulu placer la ligne de départ et d’arrivée de cette étape en fonction de ce record.

C’est donc là que le bât blesse un peu ! Le vent étant toujours plus fort dans le Sud, les routages nous poussent tout naturellement à venir couper la ligne dans sa partie la plus Sud, et donc à plus de 24 heures des tambours et des trompettes !

L’idée de faire une étape de course sur un parcours de record n’est donc pas mauvaise, mais peut réserver quelques surprises !

Quoi qu’il en soit, nous avons maintenant le droit d’utiliser le moteur pour traverser cette dorsale anticyclonique, zone sans vent, on ne va pas s’en plaindre !

Lors de cette rencontre avec le maxi-trimaran Majan, j’ai pu sentir toutes ses capacités et ses qualités. Le rapport de confiance est établi. C’est une belle histoire en perspective.

A propos de belle histoire, un immense bravo à Groupama et à son équipage pour ce magnifique Jules Verne que nous avons suivi à bord !

Cette fois, je suis à bord d’un ogre !

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Belle journée. Entre 30 et 40 nœuds de vent avec quelques petits passages du soleil à travers les nuages. Il fait bon et les milles défilent. Je pensais avoir navigué sur des machines mangeuses de milles sur la Volvo Ocean Race, cette fois je suis sur un ogre ! Majan est impressionnant d’aisance dans la grosse mer, je tire mon chapeau à Nigel Irens et Benoît Cabaret, ses architectes. A 25 nœuds de vitesse, on peut se faire un thé tranquillement ou taper au clavier sans trop de problème.

Chaque jour, j’apprends un peu plus les bruits de Majan. Certains sont normaux, d’autres sont des alarmes. Cet après-midi, un grincement provenant de l’arrière du bateau m’a alerté : le safran central était légèrement remonté. Je suis très satisfait de ce genre de petites anecdotes, elles montrent un échange, une écoute qui s’établit avec le bateau. Cette navigation est vraiment primordiale pour la préparation au Rhum.

A bord, les journées passent vite, rythmées par les quarts de quatre heures. Je partage le mien avec Mohsin, qui avait fait un tour du monde sur Mussandam, le trimaran de 75 pieds. C’est un héros à Oman : il a été le premier circumnavigateur omanais. Il est difficile d’être plus calme que lui…

Au changement de quart, nous croisons Paul Standbridge, vétéran de la Whitbread et skipper de Majan en équipage. Au-dessus de 50 nœuds de vent, le sourire ne quitte pas son visage. Puis durant les deux autres heures, nous partageons le pont avec Thierry Douillard un Français qui sait tout faire en voile. Embarqué depuis Oman, Thierry rejoindra Peter Gilmour pour le circuit de match-racing après Fremantle. Il se régale de l’aisance du trimaran dans la mer, lui qui avait fait un tour du monde sur un catamaran de 100 pieds avec Loïck Peyron.

En bref, nous passons du bon temps, productif et agréable à la fois !

En direct des 40e bruyants !

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A bord de Majan, tout va bien. Nous sommes maintenant dans une ambiance plus proche de ce que l’on attend quand on se trouve dans les 40e. Toujours un peu de soleil tout de même… entre les grains. Nous bénéficions d’une trentaine de nœuds de vent, Majan est vraiment agréable : à 25 nœuds, le pont est sec. Il faut tout de même rester vigilant, ces grosses bêtes en ont sous le capot ! On s’en rend vite compte dès que l’on s’aventure un peu trop près du vent.

Paul vient de donner une lecon de «speak up» à Mohsein. Comme beaucoup d’Omanais, Moshein est plutôt de nature discrète, et il doit se faire violence pour parler fort. C’est pourtant ce qu’il doit apprendre pour une communication efficace sur ce type de gros bateaux quand on navigue dans un environnement bruyant ! Le barreur doit être un vrai leader et utiliser sa voix pour communiquer.

La navigation dans les vagues est vraiment importante pour la mise au point du bateau, c’est uniquement dans ces conditions réelles que l’on met le bateau à l’épreuve et que l’on peut ensuite naviguer sereins en ayant confiance en sa monture.

En tout cas, 30 nœuds, soleil – il y a pire !

Le Grand Sud et un requin

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Nous en sommes à 24 heures de mer sur Majan. Cape Town a disparu en quelques minutes sous les nuages de pluie pendant que nous étirions notre sillage vers le Sud. J’ai pu ressentir la petite appréhension de deux des équipiers, Mohamed et Mussan, mais aujourd’hui, ils ont repris du poil de la bête dans cette traversée de dorsale anticyclonique. Soleil et légère brise, ça, ils aiment – et s’aperçoivent que le grand Sud n’est pas toujours si terrible. Nous devrions sortir assez rapidement de ces calmes et arrondir notre trajectoire pour faire route à l’Est dans une vingtaine de nœuds, au travers. Les milles devraient alors défiler.

Je me sens déjà bien sur le bateau, carnet de note à portée de main. je remets déjà en doute certaines de mes idées pour la préparation au solitaire. Ces navigations sont vraiment importantes pour la préparation à la Route du Rhum 2010.

Ah, j’allais oublier de vous parler de ce pauvre requin de plus de deux mètres de long qui s’est fait «plier» en deux sur la dérive. Malheureusement, je ne crois pas qu’il s’en soit sorti… Nous avons dû nous arrêter pour relever la dérive et nous en défaire.

Voilà le début d’une petite traversée de l’océan Indien. Tout va bien à bord !

Grand Sud et requin

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Nous en sommes à 24 heures de mer sur Majan. Cape Town a disparu en quelques minutes sous les nuages de pluie pendant que nous étirions notre sillage vers le Sud. J’ai pu ressentir la petite appréhension de deux des équipiers, Mohamed et Mussan, mais aujourd’hui, ils ont repris du poil de la bête dans cette traversée de dorsale anticyclonique. Soleil et légère brise, ça, ils aiment – et s’aperçoivent que le grand Sud n’est pas toujours si terrible.

Nous devrions sortir assez rapidement de ces calmes et arrondir notre trajectoire pour faire route à l’Est dans une vingtaine de nœuds, au travers. Les milles devraient alors défiler.

Je me sens déjà bien sur le bateau, carnet de note à portée de main. je remets déjà en doute certaines de mes idées pour la préparation au solitaire. Ces navigations sont vraiment importantes pour la préparation à la Route du Rhum 2010.

Ah, j’allais oublier de vous parler de ce pauvre requin de plus de deux mètres de long qui s’est fait «plier» en deux sur la dérive. Malheureusement, je ne crois pas qu’il s’en soit sorti… Nous avons dû nous arrêter pour relever la dérive et nous en défaire.

Voilà le début d’une petite traversée de l’océan Indien. Tout va bien à bord !

Cape Town, à quelques minutes du départ

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Je suis arrivé à Cape Town voici une petite semaine. J’ai fait la connaissance de l’équipage et du bateau et, durant ces quelques jours, nous avons pu faire certaines navigations qui confirment la première impression que j’avais de l’A100 : c’est un bateau simple, beau et rapide. Je suis impatient de voir le comportement de ce maxi-trimaransur les mers du Sud.

Nous devons appareiller aujourd’hui même, mercredi 10 mars, à 11 heures – dans quelques minutes, donc ! Je pense que la traversée jusqu’à Fremantle va durer 10-11 jours. Nous partons sous l’influence d’un anticyclone qui ne devrait pas beaucoup nous ralentir. Cela sera assez rapide au début, puisque les prévisions nous amènent à la longitude des Kerguelen en cinq jours !

A ce point, nous aurons fait plus de la moitié du chemin. Nous ne descendrons pas sous le 45e Sud, limite imposée dans le tracé de la 5 Capes Race (*). Nous n’aurons sans doute pas l’occasion de croiser des glaces cette fois-ci.

Je suis heureux de partir pour cette traversée avec cet équipage qui a déjà beaucoup navigué sur Majan depuis sa mise à l’eau voici sept mois. Je compte apprendre de tous, et tirer le meilleur parti de l’expertise de chacun à bord. A bientôt !

(*) Entamé le 6 février dernier au départ de Mascate (Oman), ce parcours de reconnaissance de l’Indian Ocean 5 Capes Race, nouvelle course de 15 000 milles en cinq étapes organisée dans un prochain avenir par Oman Sail, fait un vaste tour de l’océan Indien, en passant par le travers de cinq grands caps : Ras Al Haad à Oman, Agulhas en Afrique du Sud, Leeuwin en Australie, Plai en Malaisie et Comorin en Inde, avec un retour à Oman.

Etapes déjà étalonnées sur l’A100 :
> Etape 1 : Mascate-Les Maldives
Temps de référence : 4 jours 19h 12 mn
> Etape 2 : Les Maldives-Cape Town
Temps de référence : 13 jours 6h 00mn
> Etape 3 : Cape Town-Fremantle
Temps prévu : environ 11 jours

16 000 milles d’entraînement sur l’A100 Majan !

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Eh oui ! Je m’envole demain pour Capetown, où je vais retrouver pour la première fois l’Arabian 100 Majan, trimaran de 105 pieds avec lequel je vais courir la prochaine Route du Rhum. 

Devant les trois étraves du plan Irens, sister-ship de Sodeb’O, 16 000 milles d’océans – en équipage – jusqu’au Sultanat d’Oman, son pays d’origine.

En route, nous ferons escale à Fremantle (Australie), Singapour et Cochin (Inde). Sacré programme ! Puis le bateau sera reconditionné pour le solo et le Rhum. Je vais essayer de vous faire vivre tout cela de l’intérieur. 

A bientôt !