Belle journée. Entre 30 et 40 nœuds de vent avec quelques petits passages du soleil à travers les nuages. Il fait bon et les milles défilent. Je pensais avoir navigué sur des machines mangeuses de milles sur la Volvo Ocean Race, cette fois je suis sur un ogre ! Majan est impressionnant d’aisance dans la grosse mer, je tire mon chapeau à Nigel Irens et Benoît Cabaret, ses architectes. A 25 nœuds de vitesse, on peut se faire un thé tranquillement ou taper au clavier sans trop de problème.

Chaque jour, j’apprends un peu plus les bruits de Majan. Certains sont normaux, d’autres sont des alarmes. Cet après-midi, un grincement provenant de l’arrière du bateau m’a alerté : le safran central était légèrement remonté. Je suis très satisfait de ce genre de petites anecdotes, elles montrent un échange, une écoute qui s’établit avec le bateau. Cette navigation est vraiment primordiale pour la préparation au Rhum.

A bord, les journées passent vite, rythmées par les quarts de quatre heures. Je partage le mien avec Mohsin, qui avait fait un tour du monde sur Mussandam, le trimaran de 75 pieds. C’est un héros à Oman : il a été le premier circumnavigateur omanais. Il est difficile d’être plus calme que lui…

Au changement de quart, nous croisons Paul Standbridge, vétéran de la Whitbread et skipper de Majan en équipage. Au-dessus de 50 nœuds de vent, le sourire ne quitte pas son visage. Puis durant les deux autres heures, nous partageons le pont avec Thierry Douillard un Français qui sait tout faire en voile. Embarqué depuis Oman, Thierry rejoindra Peter Gilmour pour le circuit de match-racing après Fremantle. Il se régale de l’aisance du trimaran dans la mer, lui qui avait fait un tour du monde sur un catamaran de 100 pieds avec Loïck Peyron.

En bref, nous passons du bon temps, productif et agréable à la fois !