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Monthly Archives: avril 2010

Pétole en mer de Chine !

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Mer de Chine, pas câline… Plus de vent du tout. Cela ne fait rien, c’est même très bien pour une meilleur compréhension de Majan. Le petit temps est sans aucun doute le point faible de ce maxi-trimaran, et son ratio poids/puissance ne le situe pas parmi les multis les plus nerveux. Il est donc important de tirer le meilleur du bateau dans ces conditions.

Malgré tout, ce premier Arabian 100 est très parlant, on sent assez rapidement quand il est proche de son optimum ou si l’on doit faire de meilleurs réglages.

Petit à petit, avec Paul, le skipper,nous commençons à aborder le chapitre «Transformation du bateau pour le Rhum». Sur le papier, nous ne changeons presque rien, mais dans la réalité, il y a tout de même une vraie liste de petits riens ! L’idée principale est de faire des changements rapides et significatifs. Nul besoin de pinailler sur des bouts de chandelles au détriment du temps passer sur l’eau à naviguer.

A bord, je pousse Mohammed et Moshin à aller davantage de l’avant, à ne pas hésiter à faire des réglages eux-mêmes, à venir à la table à cartes pour se situer et avoir leur propre estimation sur la prochaine action à mener. J’essai aussi de leur insuffler le rythme «course», même si nous sommes seuls, sans adversaire, sur ce parcours de reconnaissance de la future Five Capes Race ; c’est de toute façon plus stimulant et plus fun ! D’un naturel discret et gentil, au bon sens du terme, tous deux ont tendance à ne pas vouloir déranger ou à rester en retrait. Je les pousse à oser.

La mer de Chine est plutôt distrayante, les croisements de cargos, les îles et les petites embarcations de pêche rythment notre quotidien. Et, à l’approche de l’équateur, les journées passent très vite…

En mer de Java !

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Nous voilà en mer de Java ! Au lever du soleil, nous avons embouqué le détroit de la Sonde, entre Java et Sumatra, à 25 nœuds sous un nuage. Puis, sous code 0, nous avons louvoyé entre les deux côtes volcaniques, entourés par des petites barques de pêche à balancier… Belle impression que celle de pénétrer un nouveau monde. On imagine le sentiment des véritables découvreurs !

Sur Majan, nous slalomons maintenant entre les plates-formes pétrolières, propulsés par les 3 nœuds de vent qu’il nous reste…

Nous nous sommes vraiment régalés lors de cette entrée en Indonésie, avec beaucoup de chance tout de même en ce qui concerne les conditions. Les 5 nœuds de courant nous auraient paru beaucoup moins amusants s’ils avaient été contre nous avec une totale absence de vent, comme maintenant.

Allez, je vais essayer de trouver le sommeil dans cette fournaise.

Bientôt les Tropiques !

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Cinquième nuit sur Majan. L’air est chaud est humide, nul doute que nous nous rapprochons des tropiques, des zones à forte humidité et peu de vent… La période faste va bientôt toucher à sa fin. La nuit dernière, l’estrope tenant le gennaker a cédé et nous avons récupéré la voile dans l’eau, sans dommage. Tout est prêt pour être réinstallé en tête de mât, mais nous avons décidé de remettre ça à demain dans les petits airs. Pour l’instant, nous progressons toujours à bonne allure, sous grand-voile et foc.

Cet incident de parcours est une très bonne chose dans l’optique de la Route du Rhum. Ce n’est qu’en effectuant de nombreuses heures et jours d’affilée que l’on met réellement le matériel à l’épreuve et que l’on peut véritablement travailler la fiabilité.

Yann Régnault est à la barre de notre maxi-trimaran. Il me raconte sa jeunesse à Vannes à l’époque des Royale, William Saurin, Riguidel, Gahinet, Pajot, une époque qui nous tous a tant inspiré. Yann traînait sur les chantiers et s’est retrouvé préparateur d’un catamaran participant au Rhum. Sa récompense fut le droit de ramener le multi de 12 mètres, de Newport à La Trinité – il avait 16 ans…

Aujourd’hui, Yann traîne toujours sur le même terrain de Vannes mais, depuis, la voilerie North s’y est installée et il y a son bureau !

Nos amis omanais, Mohammed et Moshin, retrouvent leur élément, la chaleur. Nous formons un super équipage, chacun échangeant ses impressions et ses expériences. Les choses avancent vite et bien. Mais côté météo, pour moi, c’est l’inverse : je me réveille en sueur et ensuqué !

Quel plaisir tout de même d’avaler les milles sur ce gros oiseau…

A Fremantle, prêt à repartir pour Singapour

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Minuit à Fremantle, Western Australia, la bande originale du film «Into the Wild» dans les oreilles.

La journée touche à sa fin… Longue journée ! Bonne journée ! De retour d’une semaine à la maison – pendant laquelle je suis passé à la rédaction de Voiles et Voiliers pour une longue interview que vous lirez bientôt –, je récupère du décalage horaire à grands coups de journées bien pleines.

Première navigation à bord de Majan depuis notre arrivée en Australie. L’équipe technique et une partie de l’équipage n’ont pas chômé pendant mon absence ! Les réparations et améliorations listées lors de l’étape ont été réalisées. Majan repartira vers Singapour encore un peu plus optimisé qu’à son départ de Capetown. Je me réjouis de cette démarche «de chantier continu», je ne pouvais espérer meilleure préparation en vue du Rhum.

Au menu aujourd’hui : trois rotations de deux heures chacune avec quelques journalistes et autres VIP Australiens – mais surtout : réglages de tension des lattes de grand-voile, du guindant de gennaker, tension des haubans, ajustements du système de prise de ris, vérification des nouvelles marques sur les bouts, du nouveau lazy-bag… Tout un tas de détails qui, mis bout à bout, font la différence entre un bateau «prêt» et un autre !

Demain, on remet ça avant de respirer une journée et de régler les derniers détails, puis, vendredi 9 avril, il sera temps de larguer les amarres pour Singapour. 2 500 milles vers le Nord, passage entre Java et Sumatra, principalement dans un vent modéré à variable, voire absent. Sûrement une belle étape, et une belle aventure !

A vos marques !