Cinquième nuit sur Majan. L’air est chaud est humide, nul doute que nous nous rapprochons des tropiques, des zones à forte humidité et peu de vent… La période faste va bientôt toucher à sa fin. La nuit dernière, l’estrope tenant le gennaker a cédé et nous avons récupéré la voile dans l’eau, sans dommage. Tout est prêt pour être réinstallé en tête de mât, mais nous avons décidé de remettre ça à demain dans les petits airs. Pour l’instant, nous progressons toujours à bonne allure, sous grand-voile et foc.

Cet incident de parcours est une très bonne chose dans l’optique de la Route du Rhum. Ce n’est qu’en effectuant de nombreuses heures et jours d’affilée que l’on met réellement le matériel à l’épreuve et que l’on peut véritablement travailler la fiabilité.

Yann Régnault est à la barre de notre maxi-trimaran. Il me raconte sa jeunesse à Vannes à l’époque des Royale, William Saurin, Riguidel, Gahinet, Pajot, une époque qui nous tous a tant inspiré. Yann traînait sur les chantiers et s’est retrouvé préparateur d’un catamaran participant au Rhum. Sa récompense fut le droit de ramener le multi de 12 mètres, de Newport à La Trinité – il avait 16 ans…

Aujourd’hui, Yann traîne toujours sur le même terrain de Vannes mais, depuis, la voilerie North s’y est installée et il y a son bureau !

Nos amis omanais, Mohammed et Moshin, retrouvent leur élément, la chaleur. Nous formons un super équipage, chacun échangeant ses impressions et ses expériences. Les choses avancent vite et bien. Mais côté météo, pour moi, c’est l’inverse : je me réveille en sueur et ensuqué !

Quel plaisir tout de même d’avaler les milles sur ce gros oiseau…