Mer de Chine, pas câline… Plus de vent du tout. Cela ne fait rien, c’est même très bien pour une meilleur compréhension de Majan. Le petit temps est sans aucun doute le point faible de ce maxi-trimaran, et son ratio poids/puissance ne le situe pas parmi les multis les plus nerveux. Il est donc important de tirer le meilleur du bateau dans ces conditions.

Malgré tout, ce premier Arabian 100 est très parlant, on sent assez rapidement quand il est proche de son optimum ou si l’on doit faire de meilleurs réglages.

Petit à petit, avec Paul, le skipper,nous commençons à aborder le chapitre «Transformation du bateau pour le Rhum». Sur le papier, nous ne changeons presque rien, mais dans la réalité, il y a tout de même une vraie liste de petits riens ! L’idée principale est de faire des changements rapides et significatifs. Nul besoin de pinailler sur des bouts de chandelles au détriment du temps passer sur l’eau à naviguer.

A bord, je pousse Mohammed et Moshin à aller davantage de l’avant, à ne pas hésiter à faire des réglages eux-mêmes, à venir à la table à cartes pour se situer et avoir leur propre estimation sur la prochaine action à mener. J’essai aussi de leur insuffler le rythme «course», même si nous sommes seuls, sans adversaire, sur ce parcours de reconnaissance de la future Five Capes Race ; c’est de toute façon plus stimulant et plus fun ! D’un naturel discret et gentil, au bon sens du terme, tous deux ont tendance à ne pas vouloir déranger ou à rester en retrait. Je les pousse à oser.

La mer de Chine est plutôt distrayante, les croisements de cargos, les îles et les petites embarcations de pêche rythment notre quotidien. Et, à l’approche de l’équateur, les journées passent très vite…