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En direct des 40e bruyants !

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A bord de Majan, tout va bien. Nous sommes maintenant dans une ambiance plus proche de ce que l’on attend quand on se trouve dans les 40e. Toujours un peu de soleil tout de même… entre les grains. Nous bénéficions d’une trentaine de nœuds de vent, Majan est vraiment agréable : à 25 nœuds, le pont est sec. Il faut tout de même rester vigilant, ces grosses bêtes en ont sous le capot ! On s’en rend vite compte dès que l’on s’aventure un peu trop près du vent.

Paul vient de donner une lecon de «speak up» à Mohsein. Comme beaucoup d’Omanais, Moshein est plutôt de nature discrète, et il doit se faire violence pour parler fort. C’est pourtant ce qu’il doit apprendre pour une communication efficace sur ce type de gros bateaux quand on navigue dans un environnement bruyant ! Le barreur doit être un vrai leader et utiliser sa voix pour communiquer.

La navigation dans les vagues est vraiment importante pour la mise au point du bateau, c’est uniquement dans ces conditions réelles que l’on met le bateau à l’épreuve et que l’on peut ensuite naviguer sereins en ayant confiance en sa monture.

En tout cas, 30 nœuds, soleil – il y a pire !

Le Grand Sud et un requin

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Nous en sommes à 24 heures de mer sur Majan. Cape Town a disparu en quelques minutes sous les nuages de pluie pendant que nous étirions notre sillage vers le Sud. J’ai pu ressentir la petite appréhension de deux des équipiers, Mohamed et Mussan, mais aujourd’hui, ils ont repris du poil de la bête dans cette traversée de dorsale anticyclonique. Soleil et légère brise, ça, ils aiment – et s’aperçoivent que le grand Sud n’est pas toujours si terrible. Nous devrions sortir assez rapidement de ces calmes et arrondir notre trajectoire pour faire route à l’Est dans une vingtaine de nœuds, au travers. Les milles devraient alors défiler.

Je me sens déjà bien sur le bateau, carnet de note à portée de main. je remets déjà en doute certaines de mes idées pour la préparation au solitaire. Ces navigations sont vraiment importantes pour la préparation à la Route du Rhum 2010.

Ah, j’allais oublier de vous parler de ce pauvre requin de plus de deux mètres de long qui s’est fait «plier» en deux sur la dérive. Malheureusement, je ne crois pas qu’il s’en soit sorti… Nous avons dû nous arrêter pour relever la dérive et nous en défaire.

Voilà le début d’une petite traversée de l’océan Indien. Tout va bien à bord !

Grand Sud et requin

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Nous en sommes à 24 heures de mer sur Majan. Cape Town a disparu en quelques minutes sous les nuages de pluie pendant que nous étirions notre sillage vers le Sud. J’ai pu ressentir la petite appréhension de deux des équipiers, Mohamed et Mussan, mais aujourd’hui, ils ont repris du poil de la bête dans cette traversée de dorsale anticyclonique. Soleil et légère brise, ça, ils aiment – et s’aperçoivent que le grand Sud n’est pas toujours si terrible.

Nous devrions sortir assez rapidement de ces calmes et arrondir notre trajectoire pour faire route à l’Est dans une vingtaine de nœuds, au travers. Les milles devraient alors défiler.

Je me sens déjà bien sur le bateau, carnet de note à portée de main. je remets déjà en doute certaines de mes idées pour la préparation au solitaire. Ces navigations sont vraiment importantes pour la préparation à la Route du Rhum 2010.

Ah, j’allais oublier de vous parler de ce pauvre requin de plus de deux mètres de long qui s’est fait «plier» en deux sur la dérive. Malheureusement, je ne crois pas qu’il s’en soit sorti… Nous avons dû nous arrêter pour relever la dérive et nous en défaire.

Voilà le début d’une petite traversée de l’océan Indien. Tout va bien à bord !

Cape Town, à quelques minutes du départ

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Je suis arrivé à Cape Town voici une petite semaine. J’ai fait la connaissance de l’équipage et du bateau et, durant ces quelques jours, nous avons pu faire certaines navigations qui confirment la première impression que j’avais de l’A100 : c’est un bateau simple, beau et rapide. Je suis impatient de voir le comportement de ce maxi-trimaransur les mers du Sud.

Nous devons appareiller aujourd’hui même, mercredi 10 mars, à 11 heures – dans quelques minutes, donc ! Je pense que la traversée jusqu’à Fremantle va durer 10-11 jours. Nous partons sous l’influence d’un anticyclone qui ne devrait pas beaucoup nous ralentir. Cela sera assez rapide au début, puisque les prévisions nous amènent à la longitude des Kerguelen en cinq jours !

A ce point, nous aurons fait plus de la moitié du chemin. Nous ne descendrons pas sous le 45e Sud, limite imposée dans le tracé de la 5 Capes Race (*). Nous n’aurons sans doute pas l’occasion de croiser des glaces cette fois-ci.

Je suis heureux de partir pour cette traversée avec cet équipage qui a déjà beaucoup navigué sur Majan depuis sa mise à l’eau voici sept mois. Je compte apprendre de tous, et tirer le meilleur parti de l’expertise de chacun à bord. A bientôt !

(*) Entamé le 6 février dernier au départ de Mascate (Oman), ce parcours de reconnaissance de l’Indian Ocean 5 Capes Race, nouvelle course de 15 000 milles en cinq étapes organisée dans un prochain avenir par Oman Sail, fait un vaste tour de l’océan Indien, en passant par le travers de cinq grands caps : Ras Al Haad à Oman, Agulhas en Afrique du Sud, Leeuwin en Australie, Plai en Malaisie et Comorin en Inde, avec un retour à Oman.

Etapes déjà étalonnées sur l’A100 :
> Etape 1 : Mascate-Les Maldives
Temps de référence : 4 jours 19h 12 mn
> Etape 2 : Les Maldives-Cape Town
Temps de référence : 13 jours 6h 00mn
> Etape 3 : Cape Town-Fremantle
Temps prévu : environ 11 jours

16 000 milles d’entraînement sur l’A100 Majan !

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Eh oui ! Je m’envole demain pour Capetown, où je vais retrouver pour la première fois l’Arabian 100 Majan, trimaran de 105 pieds avec lequel je vais courir la prochaine Route du Rhum. 

Devant les trois étraves du plan Irens, sister-ship de Sodeb’O, 16 000 milles d’océans – en équipage – jusqu’au Sultanat d’Oman, son pays d’origine.

En route, nous ferons escale à Fremantle (Australie), Singapour et Cochin (Inde). Sacré programme ! Puis le bateau sera reconditionné pour le solo et le Rhum. Je vais essayer de vous faire vivre tout cela de l’intérieur. 

A bientôt !

Des histoires, des déboires – et une belle complicité

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4 heures du matin – un de plus, le 20e, je crois, depuis Le Havre.
Sous pilote, Artemis avance cap vers la lune. Les corps et les têtes sont fatigués. Brûlures, courbatures, ce fut dur ! Mais la mission est accomplie. Mener à bien cette aventure, joindre Le Havre à Puerto Limon, est en passe de se réaliser, premier objectif atteint. Côté performance, ça n’aura pas été ça, mais notre sport est complexe, les machines demandent de grosses mises au point et une course est une course ! C’est le sport !

Dans nos bagages : beaucoup d’histoires, quelques déboires et trois mois d’une belle complicité partie de rien et qui restera comme une très belle parenthèse dans mon parcours de marin. Merci Sam, pour tes sourires, tes : «Toujours prête !», tes : «Allons-y !», tes : «C’est pas grave !», ton : «Si j’avais le droit, je crois que je pleurerais» de cette dernière nuit… Repose-toi bien pour repartir toujours plus fraîche sur ton terrain de jeu, de vie : les océans.

Bravo à Marc et Charles !

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Félicitations à Marc, Charles et Safran ! Magnifique course menée tambour battant, alliant risque, trajectoire et vitesse. Bravo, super-boulot !

Victoire d’autant plus éclatante qu’elle est mise en lumière par la pression continue exercée par Groupe Bel, Kito et François se sont tenus prêts à profiter de la moindre faiblesse. Bravo à eux aussi pour avoir rendu cette course aussi palpitante… Mike et Javier, sur Mike Golding Yacht Racing, auront sûrement la médaille du mérite avec cette poursuite sans pilote, une paire qui promet pour la prochaine Barcelona Race !

De notre côté, les milles ne s’écoulent pas comme un long fleuve tranquille. A la tombée de la nuit, tout allait bien jusqu’à ce que notre grand spi se décroche du mât pour terminer en pitoyable chalut derrière le bateau… A force de ragage, le lashing qui tenait sa têtière en tête de mât s’est rompu.

Cette galère supplémentaire met encore notre manque de préparation et de milles sur Artemis en évidence. Ce bateau n’avait finalement que peu de milles au compteur, n’ayant aligné qu’une partie du Vendée Globe dans sa jeune vie.

Notre frustration est réelle car nous espérions mieux faire, mais le résultat est réel aussi – et sans concession. Ce sentiment me donne envie de revenir avec le même bateau pour tirer profit de cette expérience avec le temps et les milles nécessaires.

Pourtant, on essaye de s’accrocher à chaque lueur d’espoir pour grappiller une place. L’absence de vent sur la zone d’arrivée nous prolonge encore le piquant du «peut-être pouvons nous revenir».

Bravo encore au trio de tête et à tous ceux qui rallient le Costa Rica après une course qui restera comme l’une des plus dures Transat Jacques Vabre.

Les poissons attaquent !

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4 heures du matin… Paf ! Tiens prends ça dans la face !

Enorme éclat de rire à la table à cartes. Sam a tout de suite compris. Je viens de servir de piste d’atterrissage non contrôlé à un poisson qui ferait bien d’être contrôlé, lui ! A 20 nœuds, en plus de surprendre, ça vous laisse la mâchoire légèrement endolorie. Et puis, les écailles dans la barbe prolongent le choc par une odeur de fennec.

C’était la petite anecdote de la nuit.

Aujourd’hui, pour fêter notre entrée dans la mer des Caraïbes, et puis aussi pour briser ce petit train-train alizéen, nous avons fait sauter le bouchon. Champagne à gogo ! Même tiède, ses bulles font leur effet. La musique aussi adoucit les mœurs, c’est vrai. Je broyais un peu du noir ces derniers temps. Voir encore ceux de devant (c’est-à-dire tous) avec plus de vent à nouveau, ça fout un peu les cacahuètes en ébullition – ça existe, ça ? Sam m’a gentiment prêté sa «machine à musique» et tout est devenu plus cool sur ma planète. L’esprit occupé, mon corps a swingué plutôt que de gamberger comme un benêt.

Voilà, tout va bien à bor d’Artemis.

Sauf que «Miss Sunshine» craint moins le soleil que moi, alors là, rien ne va plus, ou alors elle a définitivement viré française et largué ces gènes britanniques !

Une nouvelle nuit approche déjà, attention aux attaques… de poissons.

Nuit pas câline sur Artemis

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Elle est pour qui, la zone sans vent ? Elle est pour qui ?

Ben oui, elle est pour nous… Hier, en fin de journée, nous avons passé sept heures avec les voiles battantes, ballottées par les vagues. Parfois, tu te dis que tu ferais mieux de faire du golf. Ce n’est pas grave et c’est comme ça !

Pendant ce temps, la petite «miss Sunshine» aligne les tenues colorées de chez Roxy. Je rigole de la voir habiller en fille au milieu de l’Atlantique, mais c’est plus agréable à regarder qu’un tee-shirt blanc sale.

Et puis, cette nuit, nous avons pu remettre le spi. Il nous permet de tirer nos deux tonnes de plus que les autres à la même vitesse, mais ses 485 mètres carrés sont tout de même un peu stressants, surtout dans ce temps à grains où l’on peut avoir un renforcement du vent de près de 10 nœuds en moins d’une minute.

Voilà, tout va bien chez nous, mais vivement que l’on sorte de cette zone !

Maudits nuages mangeurs de vent !

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Il y en a ras le boubou de ces nuits à nuages, nuages mangeurs de vent !

Tout à l’heure, j’essayais de me rappeler de notre dernière nuit stable : je crois qu’il s’agit de celle où le pilote nous a lâchés au matin, il y a cinq jours de cela. Ras le boubou, aussi, de voir les leaders avancer à fond les ballons vers le but, alors que nous sommes impuissants dans ces zones de calme. Nous avons essaye de les contourner, sans succès.

Heureusement que je navigue avec «Miss Sunshine», sinon, j’aurais une paire de pamplemousses accrochès à la gorge qui me ferait tordre le cou.

Enfin, j’arrête de raler, il y a pire comme situation dans la vie…